Disparaître des réseaux
Tu me vois, tu ne me vois plus.
J’ai à peu près disparu des réseaux, comme je l’ai déjà dit [1]. C’est assez reposant, mais aussi, ça correspond à une décision politique.
Cela fait longtemps que je ne publie plus sur les réseaux sociaux. J’en ai un peu marre de ces plateformes. Les dessins du projet avec Sfar sont probablement les dernières choses que j’ai montrées. J’ai aussi quitté les réseaux lors de la vague de protestation contre l’IA qui se sert de nos dessins. À ce moment-là, je pensais que tout le monde allait quitter Instagram et Facebook, mais ce n’est pas ce qui s’est passé. Très peu de gens sont partis.
Je ne publie donc plus, mais je continue à regarder un peu ce que font les autres dessinateurs. C’est finalement cela qui me manque : les réseaux à leurs débuts, quand on postait des dessins en cours simplement pour échanger avec d’autres dessinateurs et suivre leur travail au fur et à mesure. Cela n’existe plus. Tout est noyé dans des propositions commerciales et les réseaux n’ont plus vraiment d’intérêt. On ne choisit plus ce que l’on regarde : les images nous sont imposées.
(C’est moi qui souligne.)
En fait à part quelques « ultras » [2], personne ne quitte vraiment les réseaux des GAFAM. Tout le monde nourrit les IA (partout) et renonce à son droit d’auteur (Instagram), faute de lire les CGU interminables. C’est un peu fait exprès.
Mais ça fait plaisir de voir une personne pas vraiment ultra dire la même chose, qui plus est sur un site qui ne fait « pas de politique » sur ce genre de sujet.
Bien sûr, il y a des drames en sourdine bien plus graves, voir chez Sacrip’Anne sur les LLM, l’art, la possible extermination de l’humanité plus rapide qu’on ne l’imaginait, et — ah tiens ! — les techbros de la Silicon Valley y ont aussi leur part.
Tu peux avoir un orgasme avec un sex toy, et c’est cool. Mais ça n’est pas la même expérience que d’avoir la voix et la peau et le regard d’une personne qu’on aime, qu’on désire et qui nous le rend contre soi (même si, parfois, l’orgasme est moins bien.)
Je veux mettre des bouts de moi dans mes mots et mes images, je veux sentir la présence de ceux qui ont créé l’art qui me touche. C’est ça le centre, le partage, la création d’un monde qui nécessite celui qui crée et celui qui expérimente. Un acte d’humanité, de connexion.
Un acte d’humanité, de connexion.
Au moins, comme aurait dit Cyrano, on finira avec panache.
Notes
[1] On notera que je blogge aussi beaucoup moins, mais cest une bonne chose : ça évite de me répéter autant qu’avant, quand on y pense. Place aux jeunes et tout ça.
[2] Les personnes persuadées qu’elle n’ont plus rien à faire sur des réseaux suceurs de vie privée, sans parler des réseaux fascisants qui ont tellement choisis leur nom qu’on continue à dire leur nom entier, « initiale, ex-Nom-d’origine ».
Commentaires
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Je dois dire, mon vieux Milou euh, Stéphane, que je suis absolument touchée que ça soit ce morceau précis que tu cites parce que je me suis quand même un peu marrée à caler ça dans un grand billet un peu sérieux. Et que personne sauf toi ne l’a relevé.
Rien que pour ça, sur les réseaux ou pas, tu es dans mon cœur pour l’éternité.
Pour le reste, well. Hugs et toutes ces sortes de choses.
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Sacrip’Anne : En fait j’avais en même temps ri de l’incongruité et pensé que c’est un parallèle tout à fait sensé 🙂