Syndrôme de l’éponge
Tout pareil.
En faisant de la veille technologique, qui de nos jours ressemble de plus en plus à de la veille sociologique à la fois (par exemple je ne sais pas, euh… de l’IA partout ?), mais je digresse, je lis l’introduction d’un article de Nolan Lawson, qui est un mec super intelligent et tout dévoué à l’accessibilité, deux qualités que j’aime bien.
I was a voracious reader as a kid, and I noticed a funny phenomenon : whatever writer I had most recently read, my next paper for English class would sound like them. If I read a bunch of Stephen King, I’d sound like Stephen King. If I read the Narnia series, I’d sound like C.S. Lewis (complete with British spellings and antiquated turns of phrase).
I know I’ve carried this tic into adulthood. As much as I’ve tried to find my own consistent voice in my blog writing, I know that whatever author I last read is sitting there in the back of my head, weighing in on my word choices and sentence rhythm.
En français :
Enfant, j’étais un lecteur avide, et j’ai remarqué un phénomène amusant : quel que soit l’écrivain le plus récent que j’aie lu, mon devoir suivant en classe d’anglais sonnait comme lui. Si je lisais un lot de Stephen King, je sonnais comme Stephen King. Si je lisais la série Narina, je sonnais comme C.S. Lewis (y compris l’orthographe britannique et les tournures archaïques).
Je sais que j’ai gardé ce tic en devenant adulte. Aussi fort que j’aie essayé de trouver ma propre voix dans mon écriture sur le blog, je sais que quelque auteur que j’aie lu en dernier me trotte dans la tête, influençant mes choix de mots et le rythme de mes phrases.
Je me reconnais vachement, dis donc.
Quand je lis du Echenoz, quand je lis du Desproges ; plus jeune, quand je lisais du Racine.
Et même, une fois : Shakespeare, t’as qu’à voir.
En ce moment j’écris moins alors l’influence étant peut-être plus éloignée dans le temps de son effet, elle est moins grande.
Enfin je dis ça mais mon « écrit oralisé », celui que je pratique dans les messages de chat, sur Signal ou ailleurs, me vient de F’murrr.
(F’murrr c’est un génie du burlesque, de l’absurde, de la digestion sociologique et politique, du nihilisme, du non-sens et de l’écriture foutraque, soit dit en passant.)
Bref, on est ce qu’on lit ?
Commentaires
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C’est une évidence pour moi, et c’est une raison supplémentaire de rejeter l’existence même de l’IA génératrice généralisée, même au-delà de la simple abstention personnelle que je pratique également.
À force de lire des déjections IA, on s’adapte soi-même en modifiant sa façon d’écrire et possiblement de penser, ce qui me fait froid dans le dos vu que c’est une machine à écrire du texte plausible, sans aucun sens intentionnel.
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Je l’ai remarqué aussi chez moi, mais rarement avec le style d’auteurices que j’aurais lu – si éponge il y a dans ce cas c’est plus au niveau des idées que du style. Le fait de lire certaines expressions ou manières d’écrire, notamment sur le net, ça a une influence. Sur les « fautes d’orthographe », par exemple :( Ça m’est arrivé d’écrire « s’est » au lieu de « c’est » (je ne crois pas que « sait » ait réussi à passer), avant de me reprendre. Et comme le dit Hypolite plus haut, le AI-speak fait son vilain chemin dans la tête et parfois je me rends compte que j’use des tournures… Brrrr.
(notons que le tiret semi-cadratin est complètement maison, je l’utilisais avant, namého :D )
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Ah comme c’est curieux. Moi pas du tout. En revanche il arrive que par mimétisme je reproduise une tournure de gens que j’aime, plus ou moins volontairement. Mais ma "voix écrite" est la mienne depuis aussi longtemps que je m’en souvienne.