Vingt ans

Quand on aime on a toujours vingt ans.

Face aux sites commerciaux aux messages publicitaires agressifs, destinés à ficher et cibler les utilisateurs, le Web indépendant propose une vision respectueuse des individus et de leurs libertés, il invite à la réflexion et au dialogue. Quand les sites d’entreprises se transforment en magazines d’information et de divertissement, quand les mastodontes de l’info-spectacle, des télécommunications, de l’informatique et de l’armement investissent le réseau, le Web indépendant propose une vision libre du monde, permet de contourner la censure économique de l’information, sa confusion avec la publicité et le publi-reportage, sa réduction à un spectacle abrutissant et manipulateur.

Pourtant le Web indépendant et contributif est menacé ; menacé par la fuite en avant technologique qui rend la création de sites de plus en plus complexe et chère, par l’écrasante puissance publicitaire du Web marchand, et bientôt par les accès dissymétriques, les Network Computers, les réseaux privés, le broadcasting, destinés à cantonner le citoyen au seul rôle de consommateur. Déjà la presse spécialisée, si avide des publicités d’annonceurs qui récupèrent à leur profit la formidable richesse du Web contributif, et fascinée par les enjeux techniques et commerciaux de l’Internet, réserve quelques maigres lignes aux sites indépendants, occulte l’enjeu culturel du réseau, expédie rapidement la mort des sites pionniers du Web artisanal, quand elle glose en long et en large sur le nouveau site de tel vendeur de soupe. La création d’un site personnel y est présentée aux utilisateurs comme une motivation très annexe, loin derrière les possibilités d’utilisation en ligne de sa carte de crédit.

Je continue à lire le manifeste, de temps en temps, et à m’y retrouver.

Pas plus tard qu’aujourd’hui un collègue s’agaçait de toutes les publicités et tous les marqueurs qui vous traquent et vous suivent et vous espionnent de régie de publicité en réseau social. J’ai rappelé que depuis des années j’utilise des outils pour les bloquer (en ce moment c’est Ghostery et uBlock origin), qu’il existe un navigateur exprès pour ça (Brave), et qu’on n’est pas obligé de subir.

Et combien d’entre nous publient encore hors des réseaux sociaux ? Le manifeste du Web indépendant a vingt ans et est toujours autant d’actualité.

Commentaires

  • Kowalsky (8 février 2017)

    Lève la main !

    (par contre j’ai abandonné Ghostery au profit de Disconnect et Privacy Badger)

    Répondre à Kowalsky

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