Vigilance sur les internets

Protéger sa réputation en ligne, soit, mais avant tout sa vie privée.

Orange fait un quiz pour les parents profanes, que je trouve plutôt intéressant [1]. Parmi les remarques dans le quiz, j’ai noté celle-ci qui appelle un commentaire :

Rappelez régulièrement à votre enfant d’être vigilant sur ce qu’il publie car même si ses publications sont éphémères, comme sur Snapchat, gare aux captures d’écrans… Expliquez-lui l’importance de protéger sa e-réputation : chaque publication (photo, texte, vidéo, dessin), une fois en ligne, le reste pour toujours. Restreindre le périmètre de diffusion d’une information limite les risques qui s’applique aussi à des publications éphémères, comme sur Snapchat (possibilité de capture d’écran).Vérifiez avec votre ado les paramètres de confidentialité de son profil sur les comptes réseaux sociaux.

Pendant longtemps j’ai dit et répété la même chose : internet n’oublie rien, et ceci cela.

Maintenant j’en suis moins sûr, en particulier en ce qui concerne les réseaux sociaux. Ils disparaissent vite (Myspace, déjà dans les limbes alors que c’était le truc de référence il y a quelques années – et pourvu que Facebook l’y rejoigne bientôt, mais je m’égare), emportant avec eux peu ou prou tout ce qu’on y a posé (cela dit pour Myspace j’ai découvert qu’il était sur archive.org dernièrement, donc méfiance quand même).

J’étais donc un peu paranoïaque avec les internets, un peu moins maintenant avec les réseaux sociaux [2] : maintenant j’y dis des gros mots [3], parce que c’est spontané et qu’en fait leur moteur de recherche est parfois un peu lacunaire (euphémisme mon amour).

Ici sur mon site perso, dans l’ensemble, Cool URIs don’t change, et donc je considère que, même si mes contenus ont peu d’importance pour la grande histoire humaine, le fait de les publier ici suffit d’une certaine manière à m’engager sur leur pérennité, et donc sur leur niveau langagier. J’ai plus de 140 caractères à ma disposition, autant en profiter pour écrire bien, des fois que par osmose un lecteur un jour découvre que ne pas écrire qu’en mode SMS recèle une certaine beauté.

Mais sur les réseaux sociaux, non, tant pis. Et au final je me rends compte, en en discutant avec les gens qui m’entourent, que la portée réelle d’un tweet est très courte (le plus souvent quelques secondes, au mieux quelques jours), les gens n’y reviennent pas ou peu, entraînés dans tout le flot de contenus qui est déversé.

Pour nourrir la discussion, voir aussi l’interview que danah boyd avait donnée à France Inter il y a quelques années [4], où elle disait en substance que les adolescents ont bien compris (pas tous, assurément, convenons-en) qu’il s’agit de se mettre en scène, et notamment souvent devancent le risque de se faire ridiculiser par leurs copains en publiant d’avance une version « éditorialisée » de leurs soirées, etc.

En tout cas, pour revenir à l’éducation de nos ados et le fait que chaque publication reste pour toujours en ligne, j’ai choisi d’éduquer mes enfants, dès avant leur adolescence, à la vigilance : ne pas publier ton nom, ni ton âge, ni ton adresse, ni ta photo. Quand on leur explique les enjeux de sécurité et de vie privée simplement (je leur rappelle une ou deux anecdotes arrivées soit à moi soit à des copains dont je tairai le nom), ils comprennent rapidement.

Et trouver un pseudo, ça les amuse ! Le nom de plume a encore de beaux jours devant lui.

Bref, que ça ne vous empêche pas de regarder un peu le quiz dont je parlais, et puis de lire 8 conseils pour protéger vos enfants sur internet sauf les notions de contrôle parental [5], et puis apprendre les bases pour contrôler ses données, c’est pas mal aussi.

Notes

[1Mes propos n’engagent que moi et pas mon employeur sur mon site perso, je le rappelle à toutes fins utiles.

[2Ceux qui me connaissent de près diront que je suis parano, quoi qu’il en soit, de toute façon, et je suis assez d’accord, allez, allez, je le reconnais.

[3Enfin, quand je dis « maintenant », je veux dire « jusqu’à ma cure sans réseaux sociaux », je t’en parlerai un de ces jours si j’en ai envie et/ou le courage.

[4J’ai perdu le lien, pardon.

[5Tu veux que je développe pourquoi je n’aime pas le contrôle parental, pas plus que le contrôle d’une façon générale ? Je peux le faire, à l’occasion, tiens.

Commentaires

  • Pierre (11 février 2017)

    > Et au final je me rends compte, en en discutant avec les gens qui m’entourent, que la portée réelle d’un tweet est très courte (le plus souvent quelques secondes, au mieux quelques jours), les gens n’y reviennent pas ou peu, entraînés dans tout le flot de contenus qui est déversé.

    Sauf... sauf lorsque Internet décide de ressortir des tweets d’outre-tombe, par exemple pour rappeler à son auteur qu’il a écrit, il y a quelques mois ou années, le contraire de ce qu’il raconte aujourd’hui. Cela se voit énormément avec les personnalité politiques, mais on peut très bien imaginer une campagne de dénigrement basée sur un ou deux tweets postés par un ado.

    Il faudrait que le client officiel de Twitter donne une option pour effacer tes tweets au bout d’un certain temps. Ça serait utile à Fillon et Trump, soit dit en passant.

    Répondre à Pierre

  • Stéphane (12 février 2017)

    Pierre : Ce n’est pas faux, j’avais oublié les squelettes que les gens ressortent des placards sur Twitter effectivement.

    Répondre à Stéphane

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