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Espace personnel

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Un article de Stéphane

Publié le 13 janvier 2017

URL courte : http://nota-bene.org/1175

2 commentaires

Ça fait longtemps maintenant que les gens ont déserté les espaces personnels pour aller vers les réseaux sociaux et les « services gratuits ». Il faut toujours et encore questionner ces migrations.

D’un tweet à une réflexion sur le temps qui passe, je lis Redefining Possible :

Allow me reiterate the most salient point of my dissertation thus far. Ahem ; “What I want from you people. . . is to reclaim your personal spaces.”

Your Personal Space. The place where you go on the Web and do what you wish. If you have no such place, how can you call yourself a Web designer ? No, I don’t want to hear you say you have no time.

Je réfléchis ces derniers temps —pour le moment ça reste en vrac— sur les plate-formes (les PaaS autant que les réseaux sociaux), et par coïncidence je lis en parallèle Interroger nos pratiques de publication en ligne :

Lorsqu’une plateforme de blog montre des signes de faiblesse, c’est le bon moment pour s’interroger sur nos pratiques de publication et de présence sur le web, pour ne pas dépendre des services tiers et des silos : choisir ses outils, et suivre la formule magique POSSE, pour Publish (on your) Own Site, Syndicate Elsewhere, proposée par l’IndieWeb. En d’autres termes : réveillez les blogs !

Medium qui réduit la voilure, c’est du vu et revu. Comme Multimania [1], Geocities, Myspace, et tous les autres, ces plate-formes ont du mal à trouver leur rentabilité. Et quand elles disparaissent, c’est un pan entier du web qui disparaît. Je ne regrette pas les potacheries et les pages niaises (encore que c’est une question de point de vue et pour plein de gens elles ont aussi une valeur), mais je suis sûr qu’on perd aussi beaucoup de contenus intelligents qui contribuent à l’enrichissement collectif, chaque fois qu’une plate-forme meurt [2].

Se monter un chez-soi, chez Gandi par exemple, c’est une quinzaine d’Euros par an. Ça vaut le coup de se demander combien valent vos données personnelles, à qui appartient votre prose (à Medium, Twitter et Facebook, vraiment ?), à qui appartiennent vos images (à Flickr qui lui-même appartient à Yahoo qui va être racheté et où vont tes images ?).

Et ne me dites pas que c’est compliqué de blogger, hein. Mon papa publie sur le blog familial, ma fille de douze ans publie sur son blog perso de temps en temps, et ce sont tous deux des profanes qui ne travaillent pas dans le web [3].

Comme dit Tristan :

Il y a un adage, c’est que si c’est gratuit, c’est vous le produit. Regardez, les cochons-là, vous les voyez les cochons ? Est-ce que quelqu’un peut vraiment croire que ces cochons sont les clients du fermier ? Je ne vous donne pas la réponse.

On manque cruellement, j’ai l’impression, d’outils simples pour concurrencer ces plate-formes. Un clic sur un téléphone mobile et les photos sont sur Flickr. Qu’est-ce qu’on fait mal, dans la communauté open-source notamment, pour ne pas être capables de faire les choses simplement ?

Bref, des questions en vrac. Restons attentifs, le monde bouge vite.

(Accessoirement, j’ai désactivé les notifications automatiques de publication ici vers Twitter. Eating my own dogfood comme on dit.)


Notes

[1Un jour je raconterai l’histoire de ma fuite de chez Multimania, pour les plus jeunes.

[2Pour Medium, c’est tout à fait évident : il y a des tonnes de contenus de qualité dessus.

[3Et ce sont deux jolis SPIP hébergés chez Nursit —je le dis avant qu’on ne m’en fasse le reproche : je suis associé chez Nursit, ce n’est pas de la pub déguisée. Je suis associé parce que j’aime bien Ben et Cédric, et SPIP en tant qu’outil ; et Nursit marche drôlement bien, merci pour lui.


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