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Le poids de la culture

À propos de cet article

Un article de Stéphane

Publié le 7 octobre 2015

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15 commentaires

Au dernier déménagement, nous avons mesuré le volume de livres que nous possédons, quelque chose comme une quarantaine de cartons de 20kg. Les déménageurs ne nous ont pas forcément dit merci, sauf quand ils ont eu fini : la reconnaissance à la fin de la torture ?

Bref. Je lisais Carrefour savoirs, le pseudo magazine culturel de Carrefour qui veut me montrer des trucs qui vont bientôt sortir et me donner envie de les acheter parce que sans eux ma vie sera moins pleine, et je vois Tomorrowland et Jurassic World [1].

Et je me dis : « Ah oui, j’ai bien envie de voir ces deux films, d’autant que comme d’habitude je les ai ratés au cinéma. » La logistique familiale (avec des enfants) implique d’aller au cinéma cent fois moins souvent que quand nous étions étudiants, et nous avons depuis longtemps opté pour les DVD. Mais il y a un prix à l’entrée, comme au cinéma.

Et sans compter le prix, il y a le poids, au sens propre. Je viens de réaliser que le deuxième poids le plus important en cas de déménagement est devenu notre vidéothèque.

Je refuse aveuglément de mesurer l’empreinte écologique de tout ce plastique, pour l’instant. Je revois tous les films que j’achète, et je me persuade que c’est finalement moins coûteux que des places de cinéma, et que j’en tire toute la moelle par la vision répétée, mais mon petit doigt me dit qu’il va falloir un jour se calmer : j’entends d’ici, au loin dans le futur, l’effondrement de cette société de l’accumulation.


Notes

[1Au passage, tu la sens l’hégémonie de l’anglais dans le cinéma ?


Commentaires

    • 7 octobre 2015

    Même expérience autour des livres (poche, beaux livres, bandes dessinées, ...)

    Les premiers déménageurs que j’ai rencontré m’ont donner ce conseil : mélanger livres, tissus et autres trucs... c’est un vrai service qu’on leur rend, parce que ça équilibre un peu mieux le poids (la masse ?) de chaque cartons.

    ça vaut ce que ça vaut, ça complique le rangement à l’arrivée, mais ça marche pas trop mal. clin d'œil

    Répondre à James

    • 7 octobre 2015

    James : ça, ou bien faire de tout petits cartons ! Je crois que le pire, ce sont les BD, effectivement...

    Les BD, et les pianos à queue.

    Stéphane : à quand l’immatérialité pour les films et autres séries télé ?

    Répondre à Pierre

    • 7 octobre 2015

    De toute façon aujourd’hui si tu veux te refaire tous les Chabrol, t’auras plus de chance en DVD qu’en VOD, sinon tu peux toujours tenter la médiathèque du coin avec un peu de chance.

    Les jeunes générations voyagent plus léger, aujourd’hui t’as plus besoin de grand chose, un portable, internet et c’est bon, comme tu le soulignes, cela va de paire avec une diminution de l’offre.

    800 kg de bouquins, ça confine à la syllogomanie, mais je connais rien de mieux que de parcourir les rayons d’une bibliothèque et l’odeur de l’encre des livres. C’est vos enfants qui seront contents de pouvoir fouiner dedans à loisir.

    Répondre à Frank

  • Sam

    • 7 octobre 2015

    J’avais à peu près la même quantité de bouquins il n’y a pas longtemps, j’ai commencé à m’en débarasser sauvagement. Les eBooks permettent de remettre en question la logique "contenu = volume". Je ne garde que les essentiels (romans et BD à l’épreuve du temps), et les livres d’art. Pour le reste j’essaie de ne plus rien faire rentrer de physique dans la maison.

    Pareil pour les films (j’ai jeté les jaquettes, déjà. Les boitiers collector c’est juste du carton vendu plus cher). Même en allant peu au cinéma, je préfère louer un film et laisser passer un peu de temps avant de décider s’il est vraiment excellent au point de mériter un achat physique (en admettant que les DVD soient encore lisibles dans 10-20 ans, ce qui n’est pas gagné de toute façon).

    Répondre à Sam

    • 7 octobre 2015

    N’étant pas la personne qui a sorti d’un studio de 36 m² 70 cartons dont une très grosse moitié contenaient des livres, je n’ai aucun avis sur la question.

    (Et toi aussi tu fais du déni sur les cartons entiers de VHS entreposés à la cave, dis ?)

    Répondre à Sacrip’Anne

    • 8 octobre 2015

    James : Oui mais le dernier déménagement ils m’ont dit « non, non, faites des cartons compacts de livres. » Je crois qu’ils l’ont regretté.

    Répondre à Stéphane

    • 8 octobre 2015

    Pierre : J’avoue que j’ai encore une certaine défiance envers l’immatériel. Cf. les ebooks, les DRM, et tout le bazar. Avec ma tribu on continue à beaucoup prêter et se faire prêter des livres, des DVD, etc.

    Répondre à Stéphane

    • 8 octobre 2015

    Frank : deux choses :

    1. Je découvre syllogomanie, merci.
    2. En fait pas si malade que ça, on élague périodiquement notre fatras (insuffisamment cependant).

    Répondre à Stéphane

    • 8 octobre 2015

    Sam : De bonnes idées, je vais creuser de ce côté-là (j’emprunte à la médiathèque de mon patelin, ça remplit déjà bien le cerveau).

    Répondre à Stéphane

    • 8 octobre 2015

    Sacrip’Anne :


    (Et toi aussi tu fais du déni sur les cartons entiers de VHS entreposés à la cave, dis ?)

    Ah non ça on a jeté. Toujours ça de pris sourire

    Répondre à Stéphane

    • 9 octobre 2015

    Comme toi, je me défie de l’immatériel (le jour où l’on perd le disque dur, ça fait mal) mais aussi de l’accumulation. Je me suis fixée une limite, celle de la capacité de stockage de mes étagères, volontairement pas gigantesques : dès qu’elles débordent, je revends, je donne.

    Répondre à tetue

    • 9 octobre 2015

    tetue : Et comment fais-tu le tri, ça m’intéresse ?

    Répondre à Stéphane

    • 10 octobre 2015

    Tout ce que je ne relis/revisionne jamais : ça serait peut-être utile à d’autres, plutôt que prendre la poussière dans mes étagères…

    Je ne garde que ce qui est utile (que je relis/revois) et/ou ce qui a une valeur sentimentale (souvenir, dédicaces).

    Revendre en ligne, à l’unité, c’est relou, à force. Du coup, je fais épisodiquement un carton que je donne à une asso et ça part rencontrer d’autres lecteurices en biblio de quartier ou à l’autre bout du monde.

    Répondre à tetue

    • 16 octobre 2015

    Stéphane :
    Aïe syllogomane et TSUNDOKU, dites docteur qu’est-ce qu’on fait ?
    Tsundoku, l’acte d’acheter des livres et de les empiler avec d’autres livres qui ne sont pas lus (pas encore)
    pour ceux que ce ça intéresse
    http://www.buzzfeed.com/danieldalton/irusu-for-life#.dwN5BlGoV

    Répondre à nattchah

    • 12 décembre 2015

    Tiens, recyclivre collecte à domicile, pour donner une deuxième vie aux livres déjà lus sourire

    Répondre à tetue

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