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Le bonheur est un choix

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Un article de Stéphane

Publié le 3 janvier 2016

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5 commentaires

Ces temps-ci, comme tous les bobos qui ont le luxe de prendre le temps de réfléchir à leur bonheur, je lis un peu de trucs sur la méditation. Ça a commencé avec le livre de Virginie, Petit Précis de Créativité, qui évoque la méditation comme moyen d’améliorer sa créativité. Comme je n’aimais pas ce que j’en connaissais à l’époque (pour moi la méditation se rapprochait trop d’une pratique religieuse, et les religions, moi…), j’ai un peu causé avec Virginie qui m’a expliqué que ce n’était pas nécessaire, qu’on pouvait méditer sans notion religieuse.

Il y a quelques mois le stress au travail (et le presque burn-out que j’ai subi) m’a abîmé la vie et un peu ruiné la santé. Fort opportunément, c’est le moment où j’en ai discuté avec Jean-François qui est très versé dans la méditation. Il m’a fait lire L’art de la méditation de Matthieu Ricard, personnage assez pittoresque lui-même. Depuis Jef continue à m’inspirer de temps en temps l’une ou l’autre lecture.

Bref, tout ce (long) préambule pour dire qu’on doit apprendre à construire soi-même son bonheur, par exemple en faisant une belle chose par jour et en méditant [1].

Je tombe sur un article de Tristan, un de ses « vracs », dans lequel, au milieu d’une foule de liens comme d’habitude intéressants mais plutôt portés sur l’informatique, la vie privée, etc., il note ceci :

Le truc le plus contre-intuitif que j’ai pu lire est : “le bonheur est un choix”. [Ça] parait fou (voire insultant pour ceux qui sont malheureux), et pourtant c’est vrai : les neurosciences démontrent que nous avons la possibilité d’influencer notre niveau de bonheur avec des outils simples (méditation, sport, gratitude, en repérant les petits bonheurs).

Dans le magazine Psychologie Positive [2] c’est le fond du message : nous avons une capacité à influencer notre niveau de bonheur alors que, spontanément, on croit le bonheur contraint et construit par ce qui nous entoure (travail, niveau de richesse, famille, santé…).

(Notons en passant que l’idée de « niveau de bonheur » peut aussi correspondre à une approche moderne-libérale qui ne fait que reprendre un discours social très répandu dans les sociétés individualistes selon Nicolas Marquis, lire Se changer soi pour changer le monde.)

Il y a quelques années, un proche qui n’allait pas bien me disait qu’évidemment pour moi c’était facile puisque j’étais heureux. J’ai dû remettre les choses à plat :

  • Ce n’est pas parce qu’en apparence tout va bien que c’est le cas. On ne fait pas forcément étalage publiquement de ses soucis les plus intimes.
  • On n’a pas forcément envie de renvoyer une image de souffrance. C’est un corollaire du point précédent.
  • On est tous en situation de sub-dépression. Je ne sais pas si c’est un mal français, peut-être que oui.
  • Le bonheur est un choix. Il faut pouvoir décider tous les jours d’être heureux.

Ceux qui me connaissent de près savent que je suis encore loin d’être le bouddha réincarné. Sans être devenu bouddhiste, parce que moi-les-religions-mais-je-l’ai-déjà-dit, j’ai acheté un petit Bouddha juste pour ce qu’il représente : l’acceptation, l’auto-compassion, le flux de pensée comme une rivière, la respiration qu’il conditionne quand je le regarde.

Quoi qu’il en soit, la première des choses, la plus difficile d’une certaine manière, c’est de décider qu’on veut être heureux.


Notes

[1Full disclosure : je ne médite pas, mais le simple fait de lire sur la méditation me rend zen ; c’est une chance pour la feignasse que je suis. Gros lecteur mais fainéant quand il s’agit de « faire. »

[2J’achète ce magazine une fois par an, sous les quolibets de [nom masqué pour protéger les innocents], j’aime bien qu’on me rappelle des vérités.


Commentaires

    • 4 janvier 2016

    Souvent, je dis "le bonheur est un état d’esprit" (celui d’aller observer ses petites joies et en tirer profit, par exemple). Je ne sais pas si c’est un choix, mais c’est un acte délibéré, oui.

    Répondre à Sacrip’Anne

    • 4 janvier 2016

    Le bonheur est un choix qui implique de ne plus se chercher d’excuses ni se dé-responsabiliser des choses ardues et dures de la vie.

    La plupart des gens (moi compris) aime être la victime, trouver un responsable, et se dire que ça n’est décidément pas facile tous les jours.

    Il faut une grosse dose de courage pour faire « le choix du bonheur », et une foutue volonté de l’assumer et le faire persister au fil du temps.

    Comme d’habitude, nous brassons de l’air déjà brassé. Voltaire disait déjà « J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé. »

    De là à relire Candide, il n’y a qu’un pas. Le voilà de retour dans la pile.

    Merci pour cette respiration, Stéphane sourire

    Répondre à Gaël Poupard

    • 4 janvier 2016

    > Il y a quelques années, un proche qui n’allait pas bien me disait qu’évidemment pour moi c’était facile puisque j’étais heureux. J’ai dû remettre les choses à plat (…)

    Alors oui, mais…

    Pour nos misérables petites vies ou tout va finalement plutôt pas si mal que ça, je suis d’accord. Nous sommes dans un pays en paix (me souviens d’une lecture d’un moine zen qui méditait en pays en guerre, malgré tout), plutôt en bonne santé, plutôt avec du boulot, plutôt avec une famille, plutôt, et surtout, en capacité de faire ce choix volontaire.

    Et je pense à ceux qui ne sont pas en capacité de faire ce choix justement, parce qu’en détresse grave (physique ou autre, mais je pense à physique surtout), parce qu’en état de pauvreté intellectuelle et matérielle, parce que pas encore mûrs ou avec assez de recul, parce qu’au bord de tout.

    Lorsque le corps est mobilisé à se battre contre la douleur que seules les drogues fortes peuvent atténuer, lorsque l’esprit est torturé et ne peut penser à autre chose, et lorsque tous les autres pans de vie s’écroulent autour en cascade (car c’est un jeu de dominos), cette notion de choix m’apparaît très relative et surtout, peut-être, impossible à faire sans une aide, comme l’on empêcherait quelqu’un de se noyer.

    Répondre à Emmanuel

    • 4 janvier 2016

    Emmanuel : Je te rejoins sur la douleur et sur la pauvreté en tout.

    Mais là je parlais bien de quelqu’un qui a, comme disent nos parents, « tout pour être heureux. »

    Répondre à Stéphane

    • 6 janvier 2016

    @Stéph’ : une citation approximative que j’aime bien (je crois que c’est du Viktor Frankl, à vérifier) :
    « Je ne choisis ni ne contrôle pas ce qui m’arrive, par contre, je choisis ma façon d’y réagir. »

    Et c’est en ça que le bonheur est un choix à mon humble avis.

    Gaël Poupard : pour cela, j’adore la chanson de Mickael Jackson « Man in the Mirror » clin d'œil

    I’m starting with the man in the mirror
    I’m asking him to change his ways
    And no message could have been any clearer
    If you wanna make the world a better place
    Take a look at yourself, and make the change

    Répondre à Nico

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