Véro écrit :
La nuit bat son plein, sombre et humide. Réveillée par le bruit des gouttes d’une pluie régulière et dense, j’écoute. Je me lève pour un café, une cigarette, il ne fait pas froid. La brise est légère. Plaisir de voler un morceau de vie aux ténèbres, sans déranger personne.
Temps lent.
Oui, c’est exactement ça. Quand je ne dors pas — et c’est souvent ; non pas que je fasse des insomnies fréquentes, j’ai juste un sommeil assez léger et pas trop demandeur, ou par phases, comme la semaine dernière qui a été riche de grasses matinées comme rarement depuis longtemps — sommeil qui donc me laisse du temps pour lire, écrire, rire tout seul devant mon écran avec un peu de musique ou de silence — ah mince me voilà perdu dans une phrase en écheveau, passons à la ligne mine de rien.
Quand je ne dors pas, j’ai très exactement cette impression de voler quelques heures à la vie, sans la pression de ce qui se joue autour de moi. Pas de téléphone à répondre, pas de rendez-vous, pas de travail, pas d’enfants, pas de courses, pas de repas à préparer, pas de gens à voir (même si j’aime bien un certain nombre de choses listées ici), rien. Juste du temps qui n’est qu’à moi, que j’ai l’impression de voler à l’espèce de course bordélique qu’est l’existence (et pourtant je suis un de ceux qui courent le moins que tu puisses rencontrer !).
Et donc oui, c’est exactement ça (et mieux dit que dans ma tête) : Plaisir de voler un morceau de vie aux ténèbres, sans déranger personne.