Six ans plus tard

On dirait presque un titre de film de Danny Boyle.

Il y a six ans, à quelques jours près, tout le monde en France s’est confiné en réaction à la peste moderne : le covid.

Le monde au ralenti, les photos de Paris complètement vidée de son activité, de New Delhi dont l’air était devenu transparent ; les personnels soignants déguisés en astronautes, les familles endeuillées, le désespoir, les masques ; la reprise, le suivi quotidien des courbes, et quand elles remontaient, rebelote, restons chez nous.

With none of the usual markers to delineate them, the days started to stretch out and blend together in a stifling mix of worry and ennui, and it was a relief for evenings to roll around so we could stop trying (and failing) to get any work done and instead just kick back with a cocktail, a nice dinner and a few hours on the sofa watching whatever distracting thing we could stream on television, just like we would do in the Before Times.

Traduction :

Sans plus aucun marqueur pour les distinguer, les jours ont commencé à s’étendre et à se confondre dans un mélange étouffant d’inquiétude et d’ennui, et le soir qui venait doucement était un soulagement, nous pouvions cesser d’essayer de (et d’échouer à) faire avancer le travail, et au lieu de ça nous poser avec un cocktail, un repas sympa et quelques heures de canapé à regarder n’importe quelle distraction que nous pouvions streamer à la télévision comme aux Temps d’Avant.

C’est tellement bien résumé.

L’hébétude.

Le chat et moi, sur le rebord de la fenêtre, regardant dehors et humant l’air de la liberté. Je n’ai jamais autant compris la laideur de l’emprisonnement que dans ce moment-là. Ça fait bien, bien réfléchir sur la prison.

Et voilà. Six ans plus tard, le monde est reparti. Encore plus d’avions qu’avant le confinement, même. Peut-être que les gens ont découvert une envie de vivre plus forte avant de ne plus pouvoir.

Le bon côté des choses, c’est une dimension sociale plutôt nouvelle pour moi : les bars à jeux qui ont fleuri, les soirées jeux entre copaines. Les jeux de rôle et d’aventures étaient un souvenir d’adolescence, ils sont maintenant redevenus réguliers. Enfin pas les jeux de rôle parce que je n’ai pas encore retrouvé de maître de jeu, mais l’esprit est là.

Six ans, déjà. Et un genre de traumatisme ineffaçable.

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