Rythme infernal
« Notre milieu » (le Web) est un endroit tellement excitant qu’il peut être trop excitant. Enfin je me comprends.
Kenneth Reitz résume assez bien ce qu’on a souvent vécu en faisant les tournées de conférences et de présence en ligne accrue :
I am tired of the silence around this. Open source culture celebrates intensity. It celebrates the all-night hack session, the prolific contributor, the person who maintains fifty projects and keynotes ten conferences a year. What it doesn’t celebrate, what it actively looks away from, is what that intensity does to people who are wired differently. And a lot of us are wired differently. That’s why we’re here in the first place.
Ce qu’il dit sur l’open source vaut pour le Web d’une façon générale. La communauté du partage, sur tous les sites à pas d’heure, la surexcitation de se croiser en conférence, la concentration pour organiser les voyages et les faire, le stress et le « je donne tout » quand on monte sur l’estrade, etc. ; le tout sans qu’on s’accorde à soi-même aucun répit.
Et Karl qui trouve le même article par un chemin différent (j’ai oublié le mien) de rebondir :
Quel rythme infernal et si différent de mon quotidien maintenant.
Pareil. L’excitation permanente génère une surchauffe dont on n’a pas conscience tant qu’on baigne dedans. Et puis un jour, on explose en vol.
En particulier si, comme le dit Kenneth Reitz :
[…] ce que l’open source ne veut pas voir, est ce que cette intensité fait aux personnes qui sont câblées différemment. Et beaucoup d’entre nous sommes câblées différemment. C’est pour ça que nous sommes là au premier chef.
(Là encore, remplacer « open source » par « le Web » dans la page que vous lisez ici.)
Ce « beaucoup d’entre nous » résonne par coïncidence avec mon billet d’hier de bien singulière façon.
D’ailleurs, dans mon milieu proche de vieux de la vieille, sur un échantillon de pas beaucoup environ, le constat est plutôt partagé.
Quant à moi, j’apprends aussi progressivement à gérer la surchauffe. Insérer ici une mention sur le handicap invisible (avec mes deux handicaps visibles ça fait trois, je dois battre des records).
I gave too much of myself away. Not just code. Myself. My time, my energy, my emotional bandwidth, my identity. […] it was a bad deal for me specifically, given my specific mental health profile and my specific tendency to derive self-worth from external validation.
I almost lost my mind. Literally. Multiple times. And the culture I was embedded in rewarded the exact behaviors that made the losing more likely.The hypomanic productivity wasn’t a warning sign to anyone around me.
Ouep. Pas mieux.
Commentaires
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Ce n’est peut-être pas lié, ou peut-être que si, mais cela me refait penser à ta mini-conférence "Le burnout et comment on l’évite" en 2014 : https://www.paris-web.fr/2014/conference/le-burnout-et-comment-on-levite
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Xavier : Merci copaing. Ça fait effectivement un bon écho que je ne voyais pas (c’est rigolo quand on y pense !).