Poésies

On ne peut pas avoir été presque linguiste, presque développeur,
sans en avoir gardé le reste de sa vie une vilaine raideur.

Je lis en ce moment des poèmes d’Apollinaire, et je constate que souvent la poésie m’est étrangère.

Tiens :
au boulot pour rire une fois, prouver que les gens ne lisent rien,
j’ai fait un mail entier en alexandrins.
Personne n’a même dit « tiens »,
que je sache.
Bast, il en faut plus pour que je me fâche.

Enfin voilà. J’aime bien certaines images, j’aime énormément la musique de la langue ; pourtant soit je sèche et le recueil me tombe des mains (Michaux, par exemple), soit je reste pour voir, et chaque fois que je reste je ne comprends pas comment ces machins tiennent en l’air. Les miens sont restés dans un fourreau secret, lui-même caché en un endroit que je n’ai jamais trouvé.

J’ai trop de rigueur. Les lignes qui commencent cette page, rien qu’elles pourtant si peu nombreuses, m’arrachent les yeux de ne pas être régulières. Douze pieds, bon sang, ce n’est pas si compliqué ! C’est une violence douce-amère que je me fais, juste pour voir si demain j’aurai encore envie de les publier.

En parlant de douze pieds, Rostand me fait rire, dans la scène qui ouvre Cyrano : puisqu’il faut douze pieds et que tout le monde s’interpelle et s’égosille, on voit jusqu’à quatre ou cinq personnes partager un vers. Les classiques doivent faire des bonds au Père Lachaise, et Rostand ricane.

Je m’en retourne tout de suite à la prose, car je suis prosaïque.

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