En grève

Aujourd’hui je suis en grève. De travail et de consommation.

Nous sommes le 10 septembre. Un mouvement lancé par je ne sais plus qui prend de l’ampleur. Il s’appelle « Bloquons tout » et se fait déborder par la base.

A minima je fais la grève. Grève du travail pour dire au capital et aux gouvernants qui y sont inféodés qu’on n’est pas dupe. Grève de la consommation pour frapper où ça leur fait mal. Se rappeler l’abrègement des confinements parce qu’il faut consommer, coûte que coûte (calembour involontaire mais pertinent).

Ce monde va crever de capitalisme sans complexe, de surconsommation surexcitée – parce que l’upsell, parce que la mode jetable, parce que l’obsolescence programmée, parce que le marketing, parce que, parce que.

Ce monde va crever des SUV qui sont en train de devenir plus gros que des utilitaires, et des voyages en avion et de la 4G frénétique et de l’IA générative et de l’épuisement des ressources et de la culture néo-coloniale du tourisme mondial et de la mondialisation et du reste.

Ce monde va crever de la cupidité à court terme qui condamne l’humanité à plus ou moins moyen terme.


Je n’irai pas manifester, parce que j’ai un seul œil, des oreilles déjà déficientes, et plus va plus la police est mieux armée que les militaires de la génération précédente. Elle éborgne, tabasse, fait péter des grenades de désencerclement, des grenades assourdissantes, etc. J’ai beau être fils de flic, j’ai peur de la police censée parmi d’autres missions protéger la population.

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 affirme par son deuxième article que la sûreté fait partie des droits naturels et imprescriptibles de l’être humain et par son douzième que la garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique instituée pour l’avantage de tous et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.

(Oui pendant qu’on y est, rappelons quelques bases en passant.)

Je discutais il y a quelque temps avec un quinquagénaire comme moi qui disait : nous c’est trop tard, on est installé, on a trop à perdre. C’est la jeunesse qui va faire bouger les choses, c’est elle qui a encore l’énergie de se révolter. Place aux jeunes, et courage à elleux.

Alors je n’irai pas manifester, mais je suis gréviste. Je ne vais faire aujourd’hui que des choses qui ne rapportent rien au capital.

C’est une goutte d’eau mais c’est déjà ça, alors je suis gréviste.


Mise à jour du 11 septembre

Hier j’ai fait des trucs pour aider un site web non commercial et puis d’autres trucs pour un autre site web non commercial. Et je n’ai rien acheté, et je n’achèterai rien aujourd’hui.

Hier David Dufresne a noté :

Alors que je demandais à un gradé de police de cesser de taper journalistes et passants, au pied du feu que ses collègues avaient eux mêmes provoqué, il répliqua : « c’est pour ta sécurité, connard ».

Rien ne va. Ni l’insulte. Ni la justification de l’insulte.

Bravo et merci aux manifestants et aux journalistes.

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