De jour en jour, de moins en moins
Méditation, catastrophe, toussa toussa.
Je pense aux moines bouddhistes, au Dalaï-lama, capables encore de sentir le bonheur dans la souffrance et la violence qui leur sont imposées depuis des décennies
Mesurer mon privilège : je peux m’abriter, voire rester chez moi travailler quand il fait chaud (même si acheter un appartement au dernier étage d’un bâtiment en papier du début des années 70 est tout à fait discutable). Pas de travail pénible physiquement, je ne suis pas SDF ni pompier courant dans les forêts contre des monstres enflammés.
Je commentais chez Sacrip’Anne :
[H]ier des gens climatisés chez eux, climatisés dans leur voiture, climatisés au bureau, ne sont pas venus parce qu’il « fait trop chaud ».
Les mêmes qui sont en retard ce matin parce « qu’ils font plein de travaux l’été ».
Mais savoir, savoir comme une certitude, que j’ai pour l’instant plus de confort qu’une bonne partie de la masse humaine, savoir aussi que je recule juste un tout petit peu l’échéance de la souffrance.
Alors je lis The Craving Mind, de Jud Brewer, qui explique nos mécanismes d’addiction et comment les contrecarrer (merci Fabien) ; et je tâche de méditer, trop rarement et donc pour l’instant trop mal, d’autant que je suis très étranger à la régularité. La méditation en pleine conscience, le mindfulness comme on dit pour se la péter (et tu sais comme j’aime me la péter), je ne suis pas encore très fort.
Prendre chaque jour comme une chance encore, tant qu’on gardera l’illusion que la fin n’est pas pour demain, tant qu’on se cachera la souffrance à laquelle on a condamné nos enfants en les mettant au monde.
Encore besoin de l’ancrage à autre chose
- Regarder la vie autour de moi
- Peindre des figurines
- Nager
… ces deux dernières activités qui ont été impossibles ces dernières semaines à cause des trois canicules qui banalisent gentiment la catastrophe qui s’en vient et rendent toute activité impossible.
Passons sur la bipolarité (oui voilà je lâche le mot, je suis chez moi et il n’y a plus grand monde qui me lit, je suis repassé sous les radars comme quand on n’était qu’une poignée de blogueureuses) que j’apprivoise. Pourquoi je parle de ça au milieu du reste ? Ah oui, parce qu’en la domptant, je m’approche de quelques centimètres de l’équanimité (ou la pusillanimité, je ne sais plus).
Et ici je n’écris presque plus d’articles, alors que ce site a été mon chez-moi autant que ma carte d’identité en ligne depuis bientôt trente ans (hé ouais). J’écoute David parler de réduire son empreinte, web compris. Je me dis que je devrais faire pareil, mais j’ai bien dû écrire un ou deux trucs qui font sourire, alors comme on l’a déjà évoqué, je reste encore un peu.
J’écris cet article en chemin. Voilà l’heure de faire semblant aujourd’hui comme hier. Il faut bien manger.
Mais ici dans ce petit coin des internets, je suis chez moi, pour l’instant, alors je peux bien dire un peu la vérité.
Et oui c’est bordélique, et comme dit David encore : toujours aussi décousu dans une tentative de prouver mon humanité 🙃.
Commentaires
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Est-il besoin de la prouver, ta belle humanité ?
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Et puis tu as encore des lecteurs, autant en profiter.
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Sacrip’Anne : C’est gentil ! C’est le « toujours aussi décousu » et évidemment la question de la génération par LLM qui m’ont fait réagir.
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Olivier G. : Mais qui êtes-vous ? 😁
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“il n’y a plus grand monde qui me lit” - plus que tu n’imagines, nous t’observons dans l’ombre.
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Han, j’ai vu de la lumière, je suis rentré, bu un café et discuté, c’était bien !
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Bienvenue chez toi ! :)
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Vous êtes bien gentil·les avec moi 🙂