C’est la vie
Nouvelle année, nouvelles nouvelles.
(Attention si vous êtes sensible, ça parle de vie mais il y a des mentions de mort aussi.)
Il neige en région parisienne.
Évidemment, pour nombre de personnes, ça rend tout compliqué : la navette RATP pour aller au boulot, suspendue. Les voitures à deux à l’heure dans les rues, et qui glissent en rentrant dans leur parking. Trois centimètres et c’est la panique. Mais qu’est-ce que c’est beau.
Je marchais sur le trottoir hier après-midi, un peu mal assuré. Je portais la caisse de Max pour aller chez la vétérinaire pour la quatrième fois en deux semaines. Lui n’était pas très heureux, prostré, des hauts-le-cœur dès qu’il sent sa gamelle, vomissements de bile d’un estomac vide.
Pendant ce temps, les enfants des écoles faisaient des boules de neige en ramassant la couche fine et tassée de la cour. Ils hurlaient de rire, couraient comme des fous joyeux.
On pourrait lui faire subir tout un tas de trucs (perfusion pendant deux jours, malheureux tout seul dans une cage chez la vétérinaire – il a déjà donné ; chirurgie, et soit on l’opère et il souffre au réveil, soit on l’opère et on ne le réveille pas). Quelle que soit la solution temporaire, elle n’irait pas sans souffrance pour lui. Et au mieux ça rallongerait la vie de mon chat de quelques jours/semaines. Alors je prends ma décision : vendredi ce sera fini. On pleure en famille, on se laisse trois jours pour se dire adieu.
Hier soir, une balade au parc à côté. Pas d’éclairage, mais la vague lumière du halo de pollution et la réfraction de la neige font que tout est visible. C’est magnifique.
Trois jours pour lui dire adieu, et entre temps il a le droit de dormir dans mon lit. Habituellement c’est non pour dormir avec moi : les coups de boule à cinq heures du matin, je n’aime pas. Mais là, shooté à la cortisone et à l’anti-vomitif, il a dormi en ronronnant après que j’ai été le chercher ; il ne bougeait plus de sous la table de la cuisine. J’ai passé une nuit hachée, la sienne a été très bonne. Ce machin m’a soutenu pendant les confinements, à moi de lui rendre la pareille. En boule blotti contre moi, il a ronronné. Et son compère blotti de l’autre côté. J’ai passé la nuit en sandwich !
La neige tombe dru encore ce matin, c’est vraiment très beau. J’écris ce texte en voyant à peine mon écran, les enfants rient dans les cours d’école et la vie continue.
Commentaires
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Je n’ai pas pu garder les yeux secs Stéphane, non. C’est la vie... mais bordel qu’elle peut ne pas être tendre parfois ! Je sais la douleur que provoque la fin de vie de ce compagnon chéri qui a partagé et soutenu tellement de moments personnels et familiaux pendant qu’à côté la vie continue, oui évidemment et et avec quel décalage. De tout cœur avec toi. Courage Stéphane.
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Devoir choisir, à la place de son chat qui ne peut s’exprimer : j’ai eu à faire ça, il y a quelques années. C’est tellement, tellement, tellement dur. J’ai eu l’impression de n’avoir pas de bonne décision à prendre : laisser souffrir ou tuer. Et moi, j’en pleure encore quand j’y repense. De culpabilité de n’avoir pas vu plus tôt les problèmes, et d’avoir dû prendre cette décision - heureusement je n’étais pas seule.
Grogrogrocâlinternet à toi, transmets-en à Max, il n’y a aucun doute qu’il est aimé, mais rajoutes-en une couche de ma part.
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Coeur serré. Je t’embrasse.
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Des bises et des câlins.
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Merci à vous pour vos gentils mots, ici et ailleurs.
Lamecarlate : Au moins on n’est pas bloqué par l’acharnement thérapeutique. Une personne peut comprendre qu’elle va souffrir si à la suite on espère une rémission, qui peut se compter en décennies. Un animal ne peut pas comprendre qu’il souffre « pour la bonne cause ». En termes d’humanité je préfère de loin abréger les souffrances.
Quant à ne pas avoir vu venir, c’est la faute au tempérament des chats : contrairement aux chiens, ils ne se plaignent pas de douleurs ou de mal-être, et quand les signes apparaissent (poil pouilleux, refus de se nourrir, prostration, etc.) le mal est déjà fait.
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Courage, c’est un moment difficile mais un choix courageux et le meilleur pour lui <3 Mais vraiment courage <3
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Je compatis tellement t’as pas idée.
J’ai cette épée de Damoclès qui traine depuis 1 ou 2 ans aussi, avec mon chien de 12 ans et ma chatte de 14. Au moindre pet de travers, je deviens anxieux parce que je sais que le jour où il me faudra très probablement faire ce genre de choix impossible arrive lentement mais sûrement.Des câlins pour tous (⊃。•́‿•̀。)⊃
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GoOz : Et pendant ce temps-là le chat resté chez la mère de mes enfants affiche tout guilleret ses 14 ans !
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Les ronrons, ya que ça de vrai :)
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Plein de soutien à toi et à ta famille, Stéphane. Encore plus pour Max qui, je n’en doute pas, aura eu une belle vie jusqu’à la fin.
C’est difficile de dire au revoir à nos animaux de compagnie. Pour nous, ils ne sont présents qu’une partie de notre vie, mais pour eux, nous sommes toute leur vie.
Je pense que si Max pouvait parler, il vous dirait merci pour la vie que vous lui avez offerte. Si je me rappelle bien, tu m’avais dit qu’il avait eu une enfance terrible. Pour moi, cela ne fait aucun doute : vous lui avez offert la meilleure vie dont un chat au passé meurtri pouvait rêver.
Continuez à lui montrer votre amour jusqu’au bout ; ainsi, il pourra reposer en paix au paradis des chats, mais aussi dans tous les bons souvenirs partagés ensemble.
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Fuque !
J’ai connu ça il y a longtemps, avec une petite chienne sympa, qui est partie dans mes bras après une vie plutôt bien remplie (pour une cadore).
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Tout mon soutien pour ces moments difficiles.
J’ai dû faire la même chose il y a 13 ans avec la 1e chatte que j’ai eue, et rien que d’y penser, les larmes montent. -
Des bisous à toi et aux tiens.
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Ton texte me va droit au coeur car j’y suis passée aussi derrière le covid.
Si la vie de ma minette était au bout, c’était elle qui résistait à chaque fois qu’elle semblait partir, elle se redressait marchait deux pas comme motivée par je ne sais quelle énergie alors qu’elle n’en n’avait plus.
Je l’ai veillée 1 jour et dans la nuit, je m’étais à peine assoupie mais un bruit m’a réveillée (et oui...). Ma minette était en train de grimper les escaliers pour aller s’éteindre sur le lit de ma grande fille partie. Je l’ai accompagnée vraiment jusqu’au dernier souffle et c’était vraiment beau car comme toi je nous ai laissé ce temps de l’adieu. Je pense qu’elle avait besoin de ce temps et toi tu lui laisse aussi celui là.
Courage pour vendredi.
