Biseau

Je suis entre deux postes.

Dans une grande entreprise, on a la chance de pouvoir faire des biseaux.

En vérité c’est surtout un enchaînement de paliers : un mois à N %, puis le mois suivant on plonge tête la première. Mais c’est vraiment très utile. Ça veut dire qu’on passe progressivement d’un poste à l’autre en se transmettant les informations, et c’est précieux pour comprendre les acteurs, les processus, l’état d’avancement, etc.

Et donc vous l’aurez compris, je passe d’un poste à l’autre. C’était intéressant, ces trois dernières années, j’ai beaucoup appris [1]. Je retourne cette fois-ci un peu plus près de la technique, dans un environnement complexe et énorme ; c’est un nouveau défi. Je vais tâcher de suivre/piloter l’accessibilité d’une partie du SI interne, celle consacrée à la bureautique et aux outils de service aux utilisateurs (pour résumer).

Pendant ce biseau, le cerveau fume un peu : il faut alternativement tout expliquer à ma successeuse, comme je le disais ci-dessus, les acteurs, les processus, les avancements, les instances auxquelles on siège, lui permettre de prendre la main sur tout alors qu’elle est à 100% sur le poste que je n’occupe plus qu’à 60%, tout en consacrant 40% à faire la même chose avec ma prédécesseuse [2] de l’autre côté, en attendant d’y passer à 100% au 1er décembre.

Ce nouveau poste est encore moins « visible » que le précédent, j’aurai encore moins de raisons de parler d’accessibilité et d’aller faire le guignol sur scène. Là aussi ça tombe bien, j’ai un peu fait le tour du sujet, je suis de moins en moins intéressant [3] tandis que de plus en plus de personnes que je ne connais pas forcément donnent des conférences épatantes.

Profitons-en pour parler du dernier Paris Web, et en particulier si vous ne devez voir que trois conférences :

Bref, je suis en biseau, et le cerveau fume autant par les volumes de données à régurgiter d’un côté et à ingurgiter de l’autre que par l’excitation des neurones. Je me suis remis à lire des articles sur l’accessibilité, et plus largement à faire de la veille. La vie est changement et perpétuel recommencement, petit scarabée.

Notes

[1Et le reste je te le raconte autour d’une table en terrasse.

[2Mon correcteur orthographique me dit qu’on ne dit pas « prédécesseuse » mais ne tique pas sur « successeuse ». You’ve gotta love l’Académie Française. Après une discussion par ailleurs, je décide de garder « prédécesseuse » après avoir tenté « prédécesseure » qui à l’oral efface le féminin.

[3Si tant est que je l’aie jamais été, à part pour mon égo pendant ces quinze minutes de célébrité. D’ailleurs il faudra que je vous raconte un jour un échange sur un site de vente d’occasion qui a été très réjouissant, à ce propos.

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