Addictions
En ce moment je réfléchis aux addictions.
Sur un forum de jeux, Leon Quin lance la question : à quelle fréquence pensez-vous aux jeux ? Pour sa part il répond immédiatement :
I have days where I wake up and think about board games, go to work, think about board games, go back home and think about board games. Not necessarily about what to play but what other games and accessories I could get, questions I have, what hypothetical game I would want or who to invite at one point.
Other days I’m better, usually depends on how long ago I played a game and at work I do have to pay attention often.
Yes it sounds like an addiction but my wife keeps me in control.
… soit en français :
Il y a des jours où je me lève et je pense aux jeux, je vais au boulot, je pense aux jeux, je reviens à la maison et je pense aux jeux. Pas forcément à quoi jouer, mais à quels jeux et accessoires je pourrais acheter, aux questions que j’ai sur les jeux, quel jeu hypothétique je pourrais vouloir, ou qui inviter.
Il y en a d’autres où je vais mieux, selon que j’ai joué il y a plus ou moins longtemps, ou que je doive être plus attentif au travail.
Oui, ça ressemble à une addiction, mais ma femme est mon garde-fou.
Ça m’interpelle beaucoup.
Il fut un temps j’étais intarissable sur la bande dessinée et les comics : qui est à l’origine de quelle œuvre, quelle est la relation de tel personnage avec tel autre dans le panthéon de la Marvel, quelle technique, etc.
Les salons, les festivals, les dédicaces. Toujours à y penser, à comparer, à y faire référence – un cours sur la littérature ? ah mais tiens dans L’Incal… et ainsi de suite).
Il y avait toujours une place dans ma tête pour ça.
Puis est venu le Web, et tout en même temps le design, le code, les gens, l’interaction à toute heure du jour et de la nuit. Les défis techniques, l’apprentissage permanent.
Les conférences, les articles tous plus passionnants les uns que les autres — comment contrecarrer tel bug d’Internet Explorer, pourquoi ne pas utiliser de sous-tiret avec Netscape 4, comment faire une lettrine ou un « & » stylé dans un titre, comment donner une jolie police à un titre avec du Flash ou une image ou que sais-je, etc. Je conviens que pour un certain nombre de gens ce n’est pas passionnant et tout bonnement abscons, mais bon. Ça me tenait éveillé la nuit ; voire, la solution d’un problème de code me réveillait !
Ajoutez à ça IRC d’abord, puis les réseaux sociaux. Refresh, refresh, refresh. Ça m’a empêché de dormir : il y avait toujours une personne avec qui parler échanger interagir partager discuter s’énerver rire. Oui, sans virgule, c’est une licence poétique pour te donner un sentiment d’urgence.
Bref on voit se profiler le schéma qui se reproduit. Et encore je ne parle pas du sucre.
Bref (derechef) je me suis mis à un genre de désintoxication. Mettre une alarme pour éteindre les écrans, ne plus être sur les réseaux. Faire baisser la dopamine.
Depuis deux ans je suis tombé dans la peinture de figurines et dans les jeux de société. Et nous voilà repartis pour un tour d’obsession. Comme le constate Leon, pas une journée sans penser jeux et figurines, sans aller mécaniquement voir les nouveautés : qui a peint quoi, qui a partagé telle astuce, qui a posé telle question. Qui a commenté la question ou le travail de qui. Et c’est reparti.
Je me demande si c’est fondamental chez l’humain, cette propension à l’obsession et à l’addiction.
Commentaires
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Je ne suis pas certain que tout le monde soit sujet à de telles addictions… Moi-même, à part le sucre… Oui, bon OK. 😁
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Tomek : Hé hé, ah bin tu vois bien. Toi aussi, toi aussi ! 😁
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Quand je vois Maïa-Batman (mon chat noir) et la tapenade, je me dis que ça n’est pas que pour les humains.
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Franchement, j’aurais tendance à ne pas appeler ça une addiction tant que ce n’est pas pathologique - et ce que tu décris ne l’est pas (ça ne t’empêche pas de fonctionner, d’avoir des relations sociales etc).
J’imagine que c’est assez courant d’avoir des intérêts et de les suivre de près, quoi. 🙂 -
C’est humain, et c’est fréquent chez les personnes neuroatypiques. Plutôt que d’addiction on peut parler d’intérêt spécifique quand c’est sur le long terme (plutôt un trait autistique) ou d’hyperfixation quand ce sont des obsessions intenses mais à plus court terme (plutôt un trait TDAH).