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Über capitalisme

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Un article de Stéphane

Publié le 2 mars 2016

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Uber n’est pas la panacée, la dérégulation n’est pas la panacée. Les gens qui défendent cette thèse sont des court-termistes.

Il pleuvait sur les Uber et VTC il y a quelques jours sur Twitter, je lis coup sur coup l’un et l’autre les article suivants :

Uber a déjà majoré la commission prélevée sur les recettes du chauffeur (de 20 à 30 %) et mis à sa charge un certain nombre de frais relatifs à la formation du chauffeur, et à la sécurité du véhicule (à travers les fameux « frais de course en toute sécurité » — Safe Rides fee). L’alternative se résume ainsi à plus de précarité pour le conducteur ou plus de précarité pour le client, lequel devra accepter des tarifs plus élevés en dehors même des très controversées hausses de prix aux heures de pointe.

La vérité est beaucoup plus crue : ce qu’ont « inventé » ces plateformes, c’est tout simplement une manière habile et efficace de s’affranchir le plus possible de toute régulation en n’ayant le minimum de responsabilités. Là où existaient depuis bien longtemps des pratiques assez similaires (les faux taxis, les sous-locations sauvages d’appartement...), l’appli smartphone permet de jouer un rôle d’entremetteur Ponce-Pilate entre l’offre et la demande. Au lieu d’avoir une kyrielle de salariés, de voitures ou d’appartements, avec tous les coûts et les contraintes que cela suppose, on n’a plus que de gentils « partenaires », dont, bien sûr, on jure croire qu’ils respectent la loi. Mais à eux de se coltiner les formalités relatives à leur emploi le cas échéant, la protection sociale afférente, les déclarations fiscales, l’achat et l’entretien de ce qu’il faut bien appeler leur outil de travail, etc.

(via Cybergrunge et Julien Moya)

Une note que je vais oser appeler réjouissante :

Evidemment, la plus grosse menace pour ces nouveaux acteurs - Uber l’a bien comprise - vient de la révolte potentielle desdits « partenaires ». Qui, par exemple dans le cas du transport de personnes, pourraient considérer qu’ils sont en fait des employés des plateformes. Une « class action » est en cours dans le cas d’Uber sur ce registre en Californie. Et de nombreux éléments peuvent plaider dans ce sens, comme l’a montré la mobilisation un peu partout de ces chauffeurs contre leur plateforme quand celles-ci ont récemment diminué drastiquement leurs prix dans une course effrénée à la part de marché contre les taxis. Ou encore, alors qu’on s’alarme par exemple à New York de dangers liés à la durée de travail effective des chauffeurs VTC, quand Uber rétorque qu’il limite leur temps de travail (à 100 heures par semaine...), et pourrait faire plus : une vraie posture d’employeur.

Et comme de plus en plus de monde, appeler un chat un chat :

C’est un peu l’argument de dernier recours : ne pas céder aux caprices des plateformes serait vraiment l’apanage des ringards et des losers. Puisqu’on vous dit que toute l’économie va être « ubérisée », adaptez-vous, et plus vite que ça ! C’est-à-dire, supprimez toute régulation, y compris parfaitement rationnelle - par exemple au titre de la sécurité, de l’occupation de l’espace public ou d’une ressource rare, etc. Et surtout, permettez à une plateforme de s’octroyer une rente à moindre frais, en laissant son lumpenprolétariat œuvrer sans l’ombre d’une taxation ou d’une contrainte. Sinon, c’est moins drôle, l’offre est moins motivée, et la demande moins facile à satisfaire.

Uber c’est le capitalisme débridé qui veut faire croire au client que c’est meilleur pour lui, en paupérisant les gens qu’il emploie et en ne leur garantissant rien, ni protection sociale, ni congés, ni solidarité économique et sociale.

Fermez le ban.


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