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Sologne en voiture

À propos de cet article

Un article de Stéphane

Publié le 1er mars 2013

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2 commentaires

Les routes de campagne regorgent de surprises. Il faut garder les yeux ouverts.

Quand j’étais étudiant, j’ai quelquefois fait la route qui m’emmenait à Tours avec un monsieur un peu triste qui « travaillait dans la banque. » Déjà exalté à l’époque [1], je faisais part de mon admiration devant la nature éternellement changeante, des palettes de l’automne à la splendeur du printemps.

Il avait la paupière tombante (on pensait au basset artésien), la barbe grise et trop épaisse, le ton de voix ronronnant : c’est triste à dire, mais on l’oubliait dès qu’on ne l’avait plus sous les yeux. Il me laissait finir ma tirade, empressé de rien, puis concluait en disant : « Bof, moi, tu sais, ça fait dix ans que je fais le chemin, c’est toujours la même chose. »

La semaine dernière nous étions en voiture, retour de chez mes parents. La fin de la saison de la chasse dérangeait encore les gibiers, j’étais donc très vigilant, aux aguets, prêt à voir débouler sur la route un sanglier ou une autre grosse bête [2].

Sur le talus de l’autre côté de la route, dans une forêt un peu épaisse, une forme ramassée s’agitait. J’écarquille les yeux, je vois des ailes s’ouvrir : c’est un faucon posé pour la curée qui se débat avec sa proie [3] ; il déploie ses ailes marron, il s’agite. Une seconde et puis trop tard, le temps de m’écrier et les enfants l’ont raté.

Quelques kilomètres plus loin au détour d’un virage, c’est un étang sur la droite qui ouvre une clairière : sur les berges les fourrés s’agitent, et sort un gros ragondin.

Alors j’ai repensé à ce monsieur, qui ne doit plus faire la route aujourd’hui mais goûter une retraite sans voiture (c’est tout le mal que je lui souhaite). Toujours la même chose, cette route ? L’émerveillement, au moins, est immuable.


Notes

[1Encore plus que maintenant, même, si ça se trouve…

[2Ne croyez pas que j’en rajoute : ça m’est déjà arrivé sur la route qui conduit à l’autoroute en traversant les bois. On se découvre des réflexes de pilote d’avion.

[3J’ai appris il y a peu que l’on pense toujours que les faucons sont dans le Sud et que les rapaces de Sologne sont des buses, alors que la plupart sont bien des faucons.


Commentaires

    • 1er mars 2013

    Et oui la nature et ses merveilles, rassures toi moi aussi tous les jours je m’émmerveille devant les feuilles des arbres qui changent de couleurs comme les saisons, les animaux dans les près à la lisière des bois...l’autre jour avec mon chéri nous avons admiré des chevreuils et eux mêmes surpris de notre présence sont restés là, nous regardant mais pas appeurés voyant nos regards admiratifs....Dieu que la nature est belle, j’espère que nous saurons préserver toutes ses merveilles...allez profites avec mes neveux de tout ça

    Répondre à Marie

    • 3 mars 2013

    Vacarme dans le ciel au dessus de la maison : les grues sont de retours annonciatrices du printemps, Dieu que la nature est bien faite et en plus grand soleil génial bon dimanche tutti (tu vois là je m’emmerveille de nouveau)

    Répondre à Marie

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