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Rendez-vous parisien

À propos de cet article

Un article de Stéphane

Publié le 5 mars 2009

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3 commentaires

Improvisons une balade dans le matin d’hiver.

J’aime vraiment, je l’ai déjà dit, les rendez-vous dans Paris, surtout les matins d’hiver. Vous savez, ceux des froids secs et du soleil clair.

Comme souvent, le rendez-vous est en fin de matinée, et puisque je suis toujours très en avance (on n’est jamais à l’abri d’un impondérable), je sors du métro une ou deux stations avant ma destination, désireux que je suis de sentir et de voir, de prendre un bol de ce que finalement je ne vois jamais.

Ceux d’entre vous qui sont en province croient souvent, comme c’était mon cas avant de rejoindre la région parisienne, qu’on vit tous dans des immeubles, du bruit, de la promiscuité et de l’insécurité. Pour ma part, je suis en grande banlieue, là où l’air est encore clair. Face à l’école des enfants, il y a un champ. Un vrai, labouré, en friches ou plein de blé selon les périodes de l’année. C’est commode pour faire les leçons de choses à ma fille sur le chemin de l’école, que je prends soin de toujours finir à pied. Cette parenthèse juste pour dire qu’au final, je ne vais jamais ou presque à Paris, en tout cas pas plus souvent qu’un provincial. J’en ai profité pour garder ma curiosité de touriste à l’égard de cette ville multiple et toujours surprenante.

Ce matin, passage par le jardin du Palais-Royal, étonné de voir déjà devant l’entrée du Conseil Constitutionnel des collectionneurs attendre l’ouverture à dix heures de la journée « Premier Timbre ». La moyenne d’âge est avancée, mais leur impatience presque juvénile est réjouissante.

Colonnes de Buren à travers un verre orange, ça change tout

Tiens, ils refont la cour dont je ne connais pas le nom, celle des Colonnes de Daniel Buren. Un panneau explique que la rénovation est d’autant plus sérieuse qu’il s’agit d’une oeuvre d’art du Patrimoine Français (oui, madame).

Ensuite, au lieu de tourner directement vers la rue où j’ai rendez-vous, je reste flâner dans le Jardin du Palais Royal et je m’amuse de gamins qui eux aussi sont en avance : au lieu de filer au collège ils ont improvisé une partie de football.

Foot au Palais Royal : la classe

Enfin je flâne le long des magasins qui flanquent le jardin, je ricane devant l’absence de prix en vitrine et le message subliminal que quand on a la classe, on n’a pas besoin de montrer les étiquettes. Le tri dans les clients est fait dès avant l’entrée.

Une coursive, quelques quidams

Je marche dans les galeries, et joue en tâtonnant du pied sur le léger relief que les dallages ont fini par former à force d’usure sous les pas des visiteurs de ces deux derniers siècles.

Les dalles historiques

J’échoue au Café des Faussaires, tout naturellement situé en face de... la Banque de France ! J’ai toujours aimé l’humour discret que peuvent avoir certains noms. C’est classieux.

Et puis la vie reprend subitement son cours et mon rendez-vous commence.


Commentaires

    • 6 mars 2009

    Et tu as donc échoué là où je passe tous les jours à pieds pour rejoindre Saint-Michel où je prends le train pour aller travailler.

    Faire 20 minutes de marche à pieds deux fois par jour à Paris, c’est un émerveillement permanent dont je ne me lasse pas : je passe devant la Banque de France, le Louvre, je prends la rue de Rivoli, le Pont Neuf, je vois la tour Eiffel, les invalides, je passe sur l’île de la Cité, je prends les quais de Seine et finalement je m’engouffre dans la station juste après avoir aperçu Notre Dame. Et le soir, c’est pareil dans l’autre sens, à moins que je décide de passer par le Théâtre du Châtelet ou d’aller carrément faire un tour aux Halles.

    Pour le même prix (20 minutes de marche à pieds), dans ma banlieue où il n’y a plus de champs contrairement à la tienne, j’ai droit à une route longiligne bordée de maisons moches et de bistrots sordides m’amenant finalement à une gare RER triste...

    Je vais donc profiter pleinement de mes quelques semaines à Paris intra-muros, avant le(s) grand(s) départ(s) sourire

    Répondre à Pierre

    • 7 mars 2009

    J’ai adoré, moi qui n’ai pas le temps d’aller à Paris...toujours aussi amoureux des choses de la vie...je pense aux leçons de choses que tu fais à ta "Pépette" en allant à l’école mais aussi à ce que tu nous fais découvrir.
    Profites de ces moments la vie est trop courte pour ne pas apprécier tout ça...bises de province, enfin celle que tu connais bien

    Répondre à Marie

    • 19 mars 2009

    "-bon, on a 5 minutes avant d’arriver à l’école alors je vais te parler d’accessibilité du Flash". La pauvre !!
    Je plaisante, moi qui adore les discussions diverses et variées avec toi.
    Moi aussi j’habite en banlieue, il n’y a pas de champs juste à côté mais ils ne sont pas très loin, et il y a quand même beaucoup de verdure. Je ne vais pas très souvent à Paris mais j’apprécie toujours une petite promenade dans cette ville magnifique, le long de la Seine par une jolie journée de Printemps par exemple. Moi j’aime toujours Paris.

    Répondre à Laurent Roy

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