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Optic Nerve

À propos de cet article

Un article de Stéphane

Publié le 2 novembre 1998

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1 commentaire

Adrian Tomine est un garçon étonnant. Comment, si jeune, et déjà tant de choses à raconter ? Il a développé une approche rigoureuse, un trait soigné, une concision dans la narration, il est capable dans le même numéro d’alterner les histoires laconiques et les histoires bavardes, celles qui tiennent plus de l’illustré que de la bande dessinée à proprement parler.

© Adrian TomineAdrian Tomine est un garçon étonnant. Comment, si jeune, et déjà tant de choses à raconter ?

Il a développé une approche rigoureuse, un trait soigné, une concision dans la narration. Parallèlement (paradoxalement ?), il est capable dans le même numéro d’Optic Nerve d’alterner les histoires laconiques et les histoires bavardes, celles qui tiennent plus de l’illustré que de la bande dessinée à proprement parler.

Nonobstant ce "handicap" (bien grand mot pour ce qui est finalement un choix formel), Adrian Tomine a su trouver (comment dire ?) un point de vue, une façon de raconter les histoires, quelque chose de très réaliste. Ce réalisme est d’autant plus (d)étonnant que Tomine a depuis © Adrian Tomine quelque temps abandonné sa recherche graphique (celle des 32 Stories) pour privilégier un trait froid, un encrage presque hiératique, à mi-chemin entre l’école Belge et puis... je ne sais quoi d’autre.

Tomine vient encore de sauter un pas avec le numéro 5 d’Optic Nerve. Là, pour la première fois, il prend ses aises pour une "longue" histoire de 25 pages, d’un seul tenant. Le plus surprenant, c’est qu’on ne le sent pas moins à l’aise que dans ses nouvelles très courtes. © Adrian Tomine Jamais il ne tire à la ligne. Les temps morts, par contre, sont peut-être mieux respectés. Tomine prend de l’ampleur.

J’aime sa façon de raconter, vraiment. Il est capable en deux pages de focaliser toute notre attention sur ce qui, souvent, est à première vue un non-événement. Si l’on devait chercher un équivalent littéraire, on regarderait du côté des Dubliners de Joyce. Ce dont je ne me remets pas, c’est qu’il ne soit encore qu’étudiant, et qu’il n’en soit donc, espérons-le, qu’au début d’une carrière fertile.

Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années.

Post-Scriptum

Il existe un recueil en français d’Optic Nerve, publié par Guy Delcourt, qui s’appelle Les yeux à vif.


Commentaires

  • Ben

    • 8 octobre 2005

    salut
    je souhaiterai simplement faire part de ma profonde admiration pour le travail sublime de creation dont a fait preuve Monsieur Adrian Tomine .Je suis tout jeune étudiant et je pratique également l’Art de la Bande Déssinée .Pendant très longtemps j’ai cherché ce qui me passionnait vraiment dans ce très vaste média .Desormais je pense que c’est chose faite ,notamment après la découverte de cet incroyable Auteur. Ce message n’a donc pour modeste ambition que de lui faire part de mon immense respect et gratitude.
    Un grand Merci donc !

    Répondre à Ben

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