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Notes de voyage

À propos de cet article

Un article de Stéphane

Publié le 24 août 2011

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5 commentaires

Je suis encore dans le train. Je laisse les pensées baguenauder, et je trouve en passant qu’on ne dit plus assez « baguenauder ».

Le téléphone en théorie, c’est bien, ça marche maintenant dans les trains : les TGV ont des zones « téléphone ».

Je viens de tester. C’est surtout intéressant si on a un forfait voyelles, comme disait (je crois) Gad Elmaleh. Je te rappelle ?


Tori Amos, Under the Pink, what else ? Si j’ai bonne mémoire ça date de 1994, et ça ne vieillit pas.


« Baguenauder » est vraiment un très joli verbe.


Karl parle souvent du fait que pour travailler sans interruption, l’esprit étant par définition faible et cédant facilement à la tentation du « répondre tout de suite », il faut se poser dans des espaces sans connexion, comme le café du coin.

Je retrouve ce genre d’isolement dans le train, comme au moment où j’écris ces lignes, deux heures seul face à l’écran. J’en profite pour faire de la gestion de mails, souvent.

Entre le paragraphe qui précède et celui-ci j’ai déjà fait une pause dans l’écriture pour ranger quelques mails. Je me demande si finalement à force de multiples connexions simultanées (microblog, mail, chat, etc.) notre esprit ne devient pas plus entraîné à l’activité morcelée qu’à une activité de fond qui demande une concentration de plusieurs heures.

Ainsi tandis que je trie mes mails je note ici ce qui me passe par la tête, et qui n’a strictement rien à y voir.


À l’occasion d’un Google Doodle on reparle de Jorge Luis Borges, type brillant. On en profite pour dire que c’est un visionnaire de l’hypertexte. Bin tiens. N’ayons pas peur des mots, ce ne sont que des mots.


En passant, je ne saurais trop recommander aux personnes dont l’ordinateur n’est pas toujours connecté d’installer Scrapbook pour Firefox, extension sans doute pas aussi complète que Zotero, mais je n’avais besoin que de simplicité.


J’ai sur mon disque dur le pendant de cette photo par James, depuis des semaines. Je n’y pense que quand je ne peux pas la publier, c’est bête.


Le design de Nursit que j’avais prévu est tout moche, je n’ai qu’un croquis en vrac sur un carnet et il m’indispose. Quand ce sera fini je tâcherai de partager avec vous le processus créatif.

Ah, et puis refaire nota-bene.org aussi, ce serait bien.


Sophie Drouvroy a déjà fini la préparation de sa présentation à Paris Web 2011. Je n’ai pas commencé. C’est presque stressant ! Cela dit, Sophie a prévu de faire une répétition, là où quant à moi je suis toujours dans l’improvisation : j’ai la trame sur les slides, le reste est freestyle (trop ?).

Je sais déjà de quoi je vais parler, le plan se fait dans ma tête — ici je devrais vous donner un lien vers la méthode de Karl (encore lui), à base de post-its, mais je ne la retrouve pas.

Mise à jour : Merci Karl (et Olivier dans les commentaires), ParisWeb 2006 - Jour 2 - Une recette pour les présentations, Histoire courte d’une présentation, Du trait à l’oralité.

Ma méthode pour préparer est un peu similaire mais autant pour certaines tâches j’ai une mémoire visuelle, autant pour faire des présentations je ne m’appuie que sur l’hémisphère analytique. Une présentation se définit en deux caractéristiques importantes : 1. elle raconte une histoire, 2. elle sert à partager une pratique et/ou donner à réfléchir et/ou susciter des discussions (dans l’idéal, les trois).

Je prends donc des notes en vrac, comme ce que vous lisez dans ces lignes, sans ordre. Quelques mots jetés dans un bête éditeur de texte, un saut de ligne entre chaque idée. Ensuite je prends du recul, je cherche la logique qui relie les idées et quel ordre les sous-tend. Je les remets alors dans une progression logique, qui se résume peu ou prou à :

  1. exposé de l’historique ou du passif, problème à résoudre
  2. solution adoptée (ou développement du questionnement, selon le sujet)
  3. conclusion : voilà ce que ça apporte et/ou ouverture sur l’auditoire pour demander de partager l’expérience des uns et des autres.

Cette année à Paris Web je parlerai de la notion de KISS en grande entreprise [1]. Pour l’instant dans ma tête il y a les constats, les solutions adoptées, et je cherche comment commencer et comment ouvrir vers l’auditoire, le tout sans que ça ressemble à un placement de produit (« Orange c’est bon, mangez-en »).

Ce sera ma quatrième grande conférence (je crois) et je m’aperçois qu’à chaque fois ce qui me plaît le plus c’est cette ouverture vers l’auditoire. Je conçois la séquence de questions-réponses davantage comme un moyen de faire un atelier de mise en commun plutôt que comme le moment où les ouailles demandent une vérité biblique ex cathedra, vérité que de toute façon aucun orateur ne possède.

Paradoxalement je donne presque moins la parole à l’auditoire en petit comité, où j’expose avec force détails des solutions. La conférence est le lieu où l’on peut prendre du recul. Donc échanger. CQFD.


Hier soir j’ai entrevu le travail préparatoire de sélection des photos de Sud Web 2010. Je peux déjà vous dire que les membres de l’équipe sont trop bons avec moi, et qu’ils ont écrit un truc adorable.

(Et je m’en moque si on me dit encore que je suis un Bisounours)


Trois semaines après deux deuils qui m’ont affecté plus que je ne l’aurais cru, je me rends compte plus que jamais que je suis un affectif. Moi qui me suis cru misanthrope à l’adolescence, ça doit s’appeler un retournement de situation.

Oui, c’est complètement lié avec ce que je viens de dire sur l’équipe de Sud Web...


Avant la fin de cet été j’avais prévu de faire une test suite pour envisager plusieurs façons d’intégrer l’attribut longdesc, histoire de trouver un mécanisme facile à mettre en place et prouver qu’il a encore sa place dans HTML5.

Et puis la vie passe. Ces jours-ci je m’assois sans rien faire d’autre que de regarder vivre ma petite tribu. L’autre jour ils ont passé une heure à monter des Légos que nous venions d’acheter. Je me suis arrêté, interdit. Je n’ai plus bougé pendant une heure et j’ai admiré, très ému, ces petits cerveaux qui se forment, font de la géométrie tridimensionnelle sans y penser. Leur mère ne voit pas ce qu’il y a d’exceptionnel. Sans doute rien, mais je continue à trouver miraculeuse tant leur naissance que leur croissance ; leur existence même me bouleverse souvent.

À l’heure où j’écris ces lignes la grande est en train de se faire percer les oreilles, à 200 kilomètres de là, et je pense à elle et à la vie qui passe bien vite.

Donc : je suis en retard sur tout. Cet été j’avais dix articles en retard et un livre au point mort. Nous voilà fin août et j’ai toujours dix articles en retard et un livre au point mort, mais je ne sais pas me fermer au petit monde qui m’entoure.

Peut-être que je suis trop présomptueux d’espérer tout faire en même temps. Comment fait Jean-Noël qui a (pour ce que je sais) bouclé son livre en un mois et quelque ?


Le fait que certains d’entre nous soient morts cet été fait, comme souvent, qu’on se raccroche aux vivants. On renoue contact avec les amis dont on est sans nouvelles depuis des années. On regrette la distance, on aimerait s’asseoir plus souvent à la même table qu’eux. Tentative dérisoire d’être encore plus vivants tant que ça dure.

Philosophie de comptoir, mon vieux Georges.


Pendant ce temps je suis passé à Boys for Pele, toujours Tori Amos. Il fut un moment où j’écoutais chaque jour au moins un de ses albums. Maintenant j’ai trop de réunions pour écouter de la musique au travail. Tout change. (en bien peut-être ?)


Dernière résolution : ne plus attendre de satisfaire à mon niveau d’exigence de psychopathe avant de publier des articles [2]. Jeter des notes quand elles viennent et laisser rebondir pour voir comment elles retombent. Et puis ça libérera du temps pour le reste. Dont acte.


Notes

[1Ce que ne sait pas le profane, c’est qu’une fois un sujet accepté, on y pense tout le temps jusqu’à ce que la conférence soit passée, c’est obsédant.

[2Idée floue notée dans un bloc-notes. Rédaction en morceaux. Réorganisation des idées pour donner l’impression d’un plan, d’une réflexion structurée. Orthographe. Formules équilibrées tant que faire se peut. Orthographe. Trouver et contrôler toutes les URLs. Orthographe toujours. Mettre en ligne. Prévisualiser. Orthographe. Contrôle. Publier.


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