Certaines lois de notre nouveau président, passées discrètement lorsqu’il n’était que ministre, me forcent à faire mon mea culpa, au cas où...
Par exemple, on va sans doute ficher des mineurs de 8 et 11 ans pour vol de jouets (voir l’article du Monde). Alors avant qu’on ne me recherche pour grand banditisme, je préfère tout avouer. Je serai peut-être amnistiée.
A 5 ans, j’ai triché pour gagner à la bataille.
A 7 ans, j’ai doublé des gens dans la queue à la boulangerie.
A 14 ans, je me suis retrouvée — par hasard — dans une manif de SOS Racisme, et j’ai même acheté un badge "touche pas à mon pote".
A 17 ans, j’ai manifesté je ne sais même plus pourquoi, mais c’était avec les professeurs et contre la droite (aïe).
A 20 ans, j’ai manifesté contre Le Pen, et j’ai même chanté l’Internationale avec un noir et des Arabes.
J’ai manifesté contre Le Pen après le premier tour de l’élection de 2002.
J’ai fait des grèves, des manif diverses, je suis abonnée à la mailing-list de Ras l’Front, j’ai un nom étranger, je suis de gauche, je suis fonctionnaire (prof, en plus, c’est-à-dire payée à rien foutre et tout le temps en vacances), je travaille avec des enfants en grande difficulté et à 90% d’Afrique noire.
Dois-je attendre qu’on vienne me chercher ou dois-je me rendre à la gendarmerie la plus proche ?
