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Lettre à une lettre

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Un article de Stéphane

Publié le 12 février 2017

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Partager la douleur, vider son sac, quelle utilité pour qui. C’est en filigrane —enfin je crois— la réflexion qui sous-tend la lettre de David :

Je me demande souvent si la douleur se réduit lorsqu’on la partage. Je l’espère lorsque je la reçois et j’hésite lorsque je la transmets. Accepter d’un côté, renoncer de l’autre.

J’ai écrit cinq ou six fois dans une newsletter intime, envoyée à une douzaine (quinzaine ?) de personnes, pendant la phase la plus dure de ma séparation l’année dernière. Ça m’a aidé, pas forcément parce que la douleur se réduit lorsqu’on la partage (ça, malheureusement…), mais parce que d’une part ça fait du bien de vider son sac, d’autre part ça aide à structurer sa pensée (une façon de ne pas complètement couler au fond de la douleur folle), et enfin ça permet de savoir qu’on est écouté et soutenu (j’ai reçu des mails très forts en retour) [1].

J’ai appris en passant que ça vaut vraiment le coup, j’ai même eu des réactions inattendues (« bon sang, tu écris bien quand tu as mal » [2]), et j’ai compris qu’il ne faut pas tant hésiter.

Depuis, quand des copains ne vont pas bien je les encourage à m’écrire. J’ai une copine qui ne va pas très bien en ce moment, et qui s’excuse de ne pas me donner que de bonnes nouvelles. Je lui ai répondu que si je ne voulais pas savoir comment elle allait vraiment, je ne lui aurais pas envoyé un mail pour le savoir.

Prenez des nouvelles, donnez des nouvelles. Sachez repérer les oreilles qui écoutent et celles qui ont autre chose à faire, surtout.


Notes

[1Il y avait un « premier cercle » très restreint, et cette quinzaine de gens était le « deuxième cercle ». D’après MBTI il semblerait que je sois assez dépendant de la force vitale des autres, mais on le savait déjà, que je suis un affectif.

[2Pour autant je n’ai aucune envie de vivre la vie misérable d’un Baudelaire. Sacrifier ma vie à l’art, non. Ça tombe bien, l’art ne m’a rien demandé.


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