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La vie d’après

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Un article de Stéphane

Publié le 10 septembre 2016

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Tant qu’il y a de la vie… il y a de l’espoir. On l’oublie, dans les moments de crise.

Il y a bientôt quatre mois la vie s’arrêtait — j’allais dire « une fois de plus ». C’est déjà arrivé plusieurs fois dans ma vie, bien que jamais avec des enfants jusqu’ici.

Tout s’effondre : le nid que vous avez construit, les habitudes prises, la complicité que vous pensiez solide comme le roc, la simple capacité à regarder les enfants sans vous effondrer en larmes. C’est curieux, d’une certain manière, comme en apparences le monde n’avait pas changé d’un jour à l’autre, derrière la jolie façade de votre maison bourgeoise, tandis qu’à l’intérieur tout tanguait comme une coque de noix dans les quarantièmes rugissants.

Et puis la vie, en vérité, ne s’arrête jamais vraiment. Il faut rester debout, pour ses enfants ; il faut faire des choix à deux une dernière fois, là encore pour les enfants.

On fait le zombie, quelques mois. On redécouvre le sens de l’amitié, qu’on croyait perdue pour toujours après avoir traversé les aléas précédents de l’existence, après les déménagements et les éloignements. On redécouvre qu’une « garde rapprochée » se met en place, qu’elle est là pour vous jour et nuit (et jour et nuit, et jour et nuit), tout le temps qu’il faut, qu’elle sait mettre entre parenthèses ses propres problèmes pour vous écouter vider votre sac, pour vous tenir dans les bras et vous serrer tout le temps que ça tangue.

Et puis un jour on se surprend à sourire à nouveau.

Et puis, et puis… et puis on rebondit de surprise en surprise. On savait encore qu’elle valait la peine d’être vécue tout de même, mais on ignorait comme à chaque fois combien de temps durerait le deuil une fois le choc passé.

Et puis, et puis… et puis on comprend les gens qui, après des cataclysmes, se sentent plus vivants, ressentent plus fortement les choses. Maintenant que le plus gros est passé, tout ce qui m’arrivera désormais sera du bonus que je n’espérais pas.

Donc oui, les vacances, bienvenues, ont été fort bonnes. On a, dans le désordre, fait du skate dans un loft, visité Madame Tussaud, chanté dans des petites églises à l’acoustique formidable, fait de la balistique avec des avions en papier, savouré la gravy, fait des arts plastiques, pris des photos, tenu une tarentule dans la main (pas moi, les enfants), cajolé des chèvres et des cochons, ri, bien mangé, et souri beaucoup.

Aux amis, à l’amour, à la communauté du Web qui rend au centuple ce qu’on lui donne. À l’improvisation folle et permanente. À la vie, quoi. La vie d’après, celle qu’on n’espérait pas.


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