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La belle langue, en vacances

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Un article de Stéphane

Publié le 30 juillet 2014

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Se poser, lire, écrire. L’été, au Sud.

(J’aurais pu allumer l’ordinateur, mais le bruit de la Corse est bien plus agréable que le ronronnement d’un PC : des grillons, la route au loin qui est ma foi bien passante à dix heures du soir, les anglais de la terrasse d’à-côté qui prennent comme nous le frais dans la nuit. Dans le parfum de la citronnelle, dont nous questionnons l’efficacité vu le nombre de petits visiteurs volants, un lézard couleur de sable vient à deux pas de nous manger une punaise : la boucle est bouclée, éteignez la citronnelle et fermez le ban !
Alors donc, non, pas d’ordinateur ce soir.)

Le 18 juillet, sur une terrasse corse,

Emmanuel a lancé l’idée qu’on s’écrive les uns les autres des cartes postales, après qu’Olivier a noté que c’était fini, tout ça, à l’époque des emails. Alors joignons l’utile à l’agréable et dérouillons, avant les cartes, nos jointures vermoulues sur un cahier acheté à l’occasion des vacances, comme souvent.

Où en étais-je ? Ah oui. Cet après-midi, fiston était à sec de lecture et les parents étant quant à eux attentifs à toujours étancher la soif de leur progéniture, nous avons fait un tour à l’Île Rousse et trouvé de gros volumes (tout en sachant qu’ils ne lui feront sans doute pas la semaine).

Je suis tombé sur un de ces titres qui chatouillent l’imaginaire, Oui, mais quelle est la question ? de Bernard Pivot.

Il est sur l’étagère près du lit, et fera mon bonheur dès que j’aurai fini Ravel de Jean Echenoz.

J’ai lu ce soir quelques phrases d’Echenoz à ma douce, pour lui faire entendre cette écriture délicieusement ironique, toujours à la limite de se moquer de son sujet, de révéler l’auteur sous l’œuvre. Et déjà je me délecte de la suite, sachant peut-être à tort ce que je trouverai chez Pivot.

Me revient une phrase que je disais souvent à la fac d’anglais : « plus je connais l’anglais, plus j’aime le français ! »

À l’époque, les gens la tenaient pour une ironie dans la lignée des « plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien. » Mais en vérité, rien à voir.

Plus je voyais les rouages et l’étymologie de l’anglais, plus, par effet miroir, je comprenais ceux du français.

Le fait d’avoir une langue maternelle ne donne aucun recul à son égard, de prime abord. Étudier une autre langue, alors là, pardon, mais ça vous met tout en lumière.

Pourquoi ce détour par la fac ? Parce que quand je lis Echenoz ou Pivot, je savoure comme une sucrerie la belle langue que j’ai la chance de parler.

Et que j’aimerais, en signe de gratitude, pouvoir un jour m’asseoir à une terrasse et leur offrir un café, tout simplement.


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