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L’important c’est d’être cohérent

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Un article de Stéphane

Publié le 5 mars 2008

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En France ces jours-ci se prépare la « bataille des municipales », autrement dit nous allons élire nos maires.

Mais, comme dit le poète : moi, le matin, faut pas me faire chier.

En France ces jours-ci se prépare la « bataille des municipales », autrement dit nous allons élire nos maires.

Mais, comme dit le poète : moi, le matin, faut pas me faire chier.

L’écologie c’est important

C’est l’occasion pour tous les candidats de faire distribuer dès sept heures et demie du matin des tracts à votre gare, comme si vous n’aviez pas déjà reçu les mêmes dans votre boîte aux lettres trois fois en une semaine.

Ces derniers temps, le corps politique a compris que les électeurs ne veulent plus entendre parler de « politique politicienne », ce discours centré sur lui-même qui passe le plus clair de son temps à analyser les petites phrases et à jouer à « C’est celui qui le dit qui l’est » comme aux beaux jours de l’école primaire.

Quel est donc l’enjeu qui va préoccuper les français ? Ah oui, l’écologie.

Je ne veux pas jouer le donneur de leçons, mais quand même : vous ne pourriez pas commencer par éviter de me redonner quatre fois les mêmes tracts hideux imprimés sur du papier même pas recyclé ?

Je regarde la chaisière qui me tend son papier, et loin d’avoir pitié de ses pauvres petites mains gelées et de son sourire forcé et apathique à la fois (un tour de force), je lui dis « Ah non, il y a déjà suffisamment de saletés dans ma boîte aux lettres » et je monte gentiment l’escalier qui monte sur le quai de la gare. Je sens bien qu’elle est interdite et qu’elle ne comprend pas le rapport.

Suggestion aux mairies : sur votre site internet, consacrez une page aux élections à venir et mettez un lien vers le site web de chacun des candidats.

... et au passage ça nous permettra d’avoir le temps de lire, et, surtout, de nous faire une assez bonne idée de leur vision de l’intégration de tous les publics à travers l’accessibilité de leurs sites web.

Groupir ! [1]

Hier soir a eu lieu un meeting commun regroupant le Parti Socialiste et le Parti Communiste. On n’avait pas vu ça depuis longtemps. Le Secrétaire Général du Parti Socialiste, François Hollande, s’est empressé de dire que la victoire passera par l’Union de la Gauche, entendais-je à la radio ce matin.

Il ne faut pas me dire des choses comme ça au petit déjeuner. Je n’y peux rien, tout le monde vous le dira, j’ai du mal à ne pas être désagréable avant neuf heures du matin.

Ah, l’union sacrée de la gauche dans ma petite ville presque provinciale de grande banlieue !

Voyons :

  1. Un candidat arbore fièrement tous les logos de la gauche (Parti Socialiste en tête) et avoisinants, y compris de certaines micro-formations dont je n’ai jamais entendu parler.
  2. Tiens, un autre candidat se réclame aussi du Parti Socialiste.
  3. Oh, là, regardez, un candidat dont l’affiche comporte un fond rouge d’assez bon ton, et là une photo de Marie-George Buffet qui dit bien son appartenance au Parti Communiste.

Ce que j’en dis, c’est que si c’est pour dire des conneries on est tous capables de le faire.

Pendant ce temps, à l’Élysée

Il y a une semaine, notre bien-aimé Bravepatriote Nicolas Sarkozy annonçait qu’il est temps que la France retire ses troupes d’Afrique.

C’est vrai quoi, les colonies c’est un peu passé de mode, et puis on ne va pas investir là où ça ne rapporte rien dans un contexte économique qui force toutes les grandes entreprises à recentrer leurs investissements. Et après tout un pays n’est-il pas un genre de grande entreprise ?

Et puis hier le fils du leader des rebelles Tchadiens lu a rendu visite à l’Élysée, et hop, avec son enthousiasme habituel de Tintin que rien n’effraie il a annoncé tout net qu’on va le soutenir, le petit gars rebelle !

Ce qu’il faut pour gouverner un pays, c’est une vision claire, un chemin qu’on se trace et qu’on suit.

Moi je dis bravo.

Le mot de la fin

Le mot de la fin nous vient d’une petite fille de trois ans qui joue au jeu des sept familles. Elle distribue les cartes un peu n’importe comment et c’est charmant. Je m’étonne quand même un peu :

— Tiens, tu ne fais pas de pioche ?

— Nan mais tu sais Papa, des fois je fais ce que je veux dans ma vie.

L’auteur, attendri de la fraîcheur de la remarque, décide que le monde n’existe temporairement plus hors de la bulle familiale et que le reste n’a finalement que peu d’importance à côté d’un tel sourire.


Notes

[1À l’attention de nos amis francophones hors de France : « Groupir » est une référence à une série de comédies plus ou moins incontournables des années 70, La Septième Compagnie, qu’il serait trop long de vous narrer ici mais qui a marqué l’imaginaire français par quelques expressions désormais passées dans le langage courant comme « Groupir », « Comme ça chef » et « Le fil rouge sur le fil jaune et le fil bleu sur le fil vert » et ses variantes à l’infini.


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