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Journée internationale des droits des femmes

À propos de cet article

Un article de Stéphane

Publié le 8 mars 2017

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Le 8 mars, ce n’est pas la fête des mères, ce n’est pas la fête des grand-mères, ce n’est pas la Saint Valentin.

Érigeons en exemple ces hommes qui osent. Ce cadre très sup’ d’une grande banque française qui bosse en 4/5e et qu’il est hors de question de déranger le vendredi (j’en connais un !). Célébrons ces messieurs qui prennent un congé parental de trois ans (vous en connaissez ?). Et même plus modestement, et tout aussi rarement, ceux qui prennent les journées « enfants malades » auxquelles ils ont droit, pour s’occuper de leur progéniture grippée, pendant que Maman est en voyage d’affaire.

Ces hommes existent. Mais ils se cachent, honteux qu’ils sont de passer pour des gonzesses auprès des collègues.

Ces hommes existent, oui. Mais au risque de me faire taxer de je-ne-sais-quoi (la rhétorique féministe m’échappe, entre mansplaining et mantears etc.), je préfère la plupart du temps me taire. Je ne suis pas « honteux de passer pour une gonzesse », je m’en fous comme de ma première culotte rose. J’en parle sans chichis à n’importe qui, mais je n’ai aucune raison d’aller le claironner.

Dans le cas que je viens de citer, par exemple, je pourrais expliquer que si la dame avait interviewé un peu plus d’hommes [1], elle aurait pu aussi apprendre qu’ils se taisent, parce que :

  1. Ils n’ont pas toujours envie d’en parler parce qu’ils n’ont pas forcément envie de s’en vanter, voire de se faire reprocher de faire les malins par des féministes forcenées (ces femmes existent, je les ai rencontrées).
  2. Ils n’ont pas envie de se faire reprocher le fait que c’est bien trop peu et que de toute façon ils entérinent par tellement d’autres aspects la culture phallocrate, voire culture du viol (ces femmes existent, je les ai rencontrées), qu’ils préfèrent se taire.

Alors comme nous sommes le 8 mars, voilà ce que j’ai à dire :

  • Je suis féministe. Cependant, ai-je besoin de claironner qu’un jour je suis allé voir un patron pour aligner le salaire d’une femme avec celui d’un homme ? Ai-je besoin de vanter le fait que ledit patron a dit que c’était une bonne idée et l’a acceptée immédiatement ?
  • J’ai toujours essayé d’être là dans ma famille quand il le fallait. Je vis seul avec mes deux enfants en garde partagée, j’ai donc vraiment dû m’y mettre, bien plus que quand je vivais avec une enseignante qui avait « naturellement » plus de temps que moi. En tout cas, par la force des choses, elle rentrait plus tôt et faisait donc plus de choses dans la maison – et quand j’ai eu plus de temps qu’elle, quand j’étais au chômage, j’ai fait tout ce qu’il fallait faire dans la maison parce que j’avais plus de temps qu’elle, sans motivation politique ni quoi que ce soit d’autre qu’une bête organisation domestique.
  • J’enseigne à ma fille l’équité garçon/fille, je lui explique que chez les tout petits enfants les facultés langagières sont légèrement en avance chez la fille, les facultés mathématiques légèrement en avance chez le garçon, et que ça se tasse au bout de quelques mois [2], et donc qu’il n’y a aucune raison qu’une fille soit plus nulle en maths qu’un garçon, qu’il n’y a aucune raison qu’elle ait à choisir dans un groupe d’emplois différent d’un garçon.
  • Je trouve illisibles les graphies que certain.e.s essaient d’imposer ces temps-ci [3], et bien que je connaisse le machisme qui sous-tend nos règles de grammaire, je préfère de loin dire « elle/il devra » à un illisible : « intervenant.e.s. et orateur.trice.s engagé.e.s applaudi.e.s par des étudiant.e.s et chercheur.e.s intéressé.e.s et désireu.x.ses » parce que oui, le mieux est l’ennemi du bien.

Les femmes ont eu et ont encore un rôle moindre dans les sphères publiques et privées, je suis tout à fait d’accord. Je ne minimise absolument pas le problème, et j’abonde dans le sens de Laurence.

Bref, tu vois, ce n’est pas toujours tout noir / tout blanc.

Mais vous me permettrez (ou pas, tu peux arrêter de lire ici et trouver du bonheur ailleurs) de dire que quand je me fais l’avocat d’une autre minorité [4], celle des personnes handicapées, si j’étais rentré systématiquement dans la gueule de tous les gens qui ne comprennent pas en quoi nous sommes discriminés, je n’aurais jamais, jamais fait avancer la cause autant que je l’espérais. Un certain nombre de personnes me diront que je suis mâle et blanc alors mon avis ne compte pas, retour à la case départ ; je le redis, en tout cas : l’agressivité ne fait rien à l’affaire. Passons donc à un message positif d’un homme à peu près normal.

Dites-le avec des fleurs, ou pas

Il y a quelques années, un boutiquier près de mon boulot a trouvé malin de distribuer des fleurs aux femmes devant mon entreprise. Comme je suis d’un naturel joueur, je suis allé le voir et j’ai dit que je trouvais ça sexiste, parce qu’on n’offre pas de fleurs aux hommes et pourquoi donc ? Le gars qui distribuait ses petites fleurs m’a souri et m’en a donné une. Toujours ça de pris.

Plus sérieusement, offrir des fleurs lors de la journée internationale des droits des femmes, c’est, d’une certaine manière, continuer à les rabaisser dans une société phallocrate à la créature réifiée qui veut bien se laisser courtiser pour une rose. En un mot : c’est naze.

Exprimez plutôt votre solidarité. Si vous voulez faire un geste pour la Journée des Femmes, intéressez-vous plutôt aux revendications émises à cette occasion. Quelle est la réalité vécue par les femmes ? Quelles sont leurs difficultés ? leurs revendications ? Que pouvez-vous faire ?

Alors donc, moi qui ai déjà signé il y a un moment la charte Happy Men (et qui ai réussi à tenir mon engagement dans le poste que j’occupais au moment de cette signature, voir ci-dessus au paragraphe où je parle de salaire), je me suis demandé ce que je pouvais faire de ce 8 mars.

Idée 3 : publier une liste des femmes expertes ou spécialistes dans votre domaine.

Dont acte.

Des femmes que j’admire

J’ai filtré sur rel="met" [5].

Ma maman : si elle n’avait pas eu des contraintes familiales énormes pendant son adolescence, elle aurait été sans aucun effort enseignante. À défaut elle a passé toute notre enfance à nous tirer vers le haut, à travers une attention soutenue pour nos devoirs, à travers une démarche volontaire pour nous emmener aussi souvent que possible à la bilbiothèque, à travers son goût pour les livres et la langue. Merci Maman.

Et puis pour « respecter la consigne » de Kozlika, voilà quelques femmes expertes dans mon domaine.

Kozlika (à toute seigneure tout honneur) est une personne qu’il faut connaître, pour plein de raisons : une maîtrise formidable du français, un attachement énorme à la qualité et à la typographie, une participation éclairée au core de Dotclear. Elle porte l’accessibilité au sein de la DILA depuis longtemps, et c’est fructueux. Kozlika tire l’accessibilité vers le haut.

Véronique Lapierre, qui a sans effort eu un meilleur score que moi au certificat Opquast (enfer et damnation !) et qui est une consultante Web de grande qualité. Véronique tire ses clients vers le haut, et avec eux les sites qu’ils ont commandés.

Romy Duhem-Verdière que j’ai rencontrée pour de vrai en 2005 (la fameuse féria). C’est grâce à Romy que j’ai vu le premier beau site en Spip, et que j’ai été encouragé à « faire du beau ». Romy pose souvent des questions qui fâchent, force à s’arrêter et à réfléchir. Elle ne le sait sans doute pas, mais elle m’a tiré vers le haut plus d’une fois.

Coralie Mercier est responsable de la communication du W3C. C’est un travail difficile, où il faut avoir des yeux partout, une capacité rare à l’analyse, la synthèse, et le consensus. Elle tire vers le haut notre communauté en toute discrétion.

Marie Guillaumet est une des meilleures intégratrices Web que je connaisse (si je devais faire un classement, elle serait dans le top 10, voire top 5, tous sexes confondus évidemment). Elle a un souci maniaque du détail, une capacité à travailler plus vite que ce qu’elle avait elle-même prévu pour pouvoir avoir le temps de peaufiner la documentation. Ah, au fait, elle est en recherche d’emploi ces jours-ci, je te redis son nom : Marie Guillaumet. Marie tire vers le haut l’intégration Web depuis des années et je suis honoré d’avoir travaillé avec elle.

Delphine Malassingne est responsable qualité Web. C’est même elle qui a créé le métier, pour ainsi dire. Elle s’assure que les projets sont menés à bien avec le bon niveau, dans de bonnes conditions. Elle tire vers le haut la qualité Web depuis des années.


Et encore, je me suis arrêté rapidement par manque de temps, et en me limitant aux personnes que je connais le mieux et qui sont françaises (pure limite arbitraire j’en conviens). Par exemple je laisse Sophie Drouvroy tranquille pour l’instant parce qu’elle est occupée ces temps-ci, mais ça ne veut pas dire qu’elle n’est pas une inspiration, et son heure viendra !

Sinon, dans mon milieu professionnel, je t’aurais aussi parlé, sans aucun ordre logique, de Corinne Schillinger, Laurence Vagner, Nathalie Rosenberg, Virginie Galindo, Virginie Caplet (le club des Virginies !), Nina Cercy, Nicole Sullivan, Molly Holzschlag, Stephanie Troeth, Stephanie Booth, Stéphanie Walter (le club des Stéphanies !), Ève la Fée, Anne-Sophie Fradier, Marie Destandau, Marie Alhomme (le club des Maries !), Noëlie Amiot, Carolyn Wood, Leonie Watson, Amélie Boucher, Armony Altinier, Muriel Larrouy, Claire Gilioli, Sylvie Daumal, Adrienne Charmet, Sylvie Duchateau, Amaelle Guitton, Laura Kalbag, Mandy Brown, Rachel Andrews Audrey Vittecoq, Estelle Weyl, Denise Jacobs, Lisa Herrod, Wendy Chisholm, Henny Swan, Paula Mestre, Erin Kissane, Niqui Merret, Laura Carlson, Carole Guevin. C’est un bonheur toute cette bonne énergie.


Notes

[1Comme quoi, ça marche dans les deux sens, cette incompréhension.

[2Zut j’ai perdu l’URL de l’article vers lequel je voulais pointer.

[3Sans même parler du cauchemar avec un lecteur d’écran.

[4Au sens politique du terme, cette fois : je sais que les femmes sont plus nombreuses que les hommes.

[5Ça veut dire que je les ai rencontrées en vrai, ça me semblait un exercice intéressant.


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