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Formats ouverts : demi-vérités ?

À propos de cet article

Un article de Stéphane

Publié le 22 juillet 2004

URL courte : http://nota-bene.org/52

7 commentaires

Les formats ouverts, j’aime bien. Mais pour le moment, ne nous leurrons pas, ce n’est pas encore la panacée qu’on peut imaginer.

Après avoir lu l’article de Tristan, Comprendre et promouvoir les formats ouverts, j’ai découvert un site excellent qui permet de bien comprendre pourquoi il est mieux de passer à des formats ouverts, pédagogique et trilingue (comment font les gens pour produire un tel volume de travail bénévole, voilà qui me laisse perplexe), c’est Openformats.org.

Les formats ouverts : présentation

Les formats ouverts, j’aime bien. D’abord parce que je considère que les logiciels qui manipulent des formats propriétaires, à la base, sont exorbitants au point qu’on dirait un racket. Ensuite parce qu’effectivement, on ne sait jamais quelles données confidentielles sont transmises dans les en-têtes de documents (on se souvient encore des épluchages de documents en plein crise irakienne, voir par exemple Microsoft Word bytes Tony Blair in the butt ou l’article de la BBC, The hidden dangers of documents). Surtout, et c’est la base, parce que les formats propriétaires ne respectent pas une notion simple qu’on appelle l’interopérabilité.

Cette notion se résume en quelques mots : je dois pouvoir échanger les documents que je produis avec des correspondants qui n’ont pas forcément les mêmes logiciels que moi, et je dois aussi pouvoir consulter et/ou éditer ces documents sur plusieurs ordinateurs, qui n’ont pas non plus le cas échéant les mêmes logiciels.

Qui plus est, l’interopérabilité me sauve à long terme : si un éditeur de logiciels arrête de publier son programme, je pourrai continuer à lire les documents que j’ai produits avec un autre logiciel.

Petites tartufferies

J’ai beau être sympathisant de la cause et proche d’Openweb et d’interop, je trouve qu’on simplifie souvent un peu vite le problème des formats ouverts, en le limitant à la seule restitution des données.

Par exemple, opposer les formats MS Excel et le CSV ne prend pas en compte la possibilité de stocker des formules de calcul dans les cellules, puisque comme vous le savez CSV ne stocke que les valeurs des cellules, et pas la formule qui permet de les obtenir.

De même, opposer le TIF et le JPEG n’est pas toujours de bon aloi : laissez-moi prendre un exemple récent.

Il y a peu j’ai reçu des fichiers produits par la dernière version de Photoshop, et comme au travail j’ai une version plus ancienne je n’ai pas pu les ouvrir. J’ai donc contacté le graphiste qui avait produit les images, et il me les a renvoyées en TIF. J’ai pu alors afficher/masquer des calques pour faire les découpes de montage du site web sur lequel je travaillais. En JPEG j’aurais subi d’une part une déperdition de la qualité de l’image sur laquelle je devais travailler, et d’autre part un aplatissement de tous les calques.

Conclusion provisoire : je ne sais pas conclure !

Derrière ce pseudo-bon mot, voilà la triste réalité : pour l’instant on ne peut pas conclure. Les formats ouverts, c’est ce qui a permis notamment qu’internet connaisse ce succès phénoménal.

Pour autant, ces formats ne permettent pas encore, dans un certain nombre de cas, d’atteindre à la qualité de transmission d’informations conservées par les formats propriétaires, même si les abus des éditeurs de logiciels propriétaires nous forceraient, décemment, à ne plus les utiliser.

J’en suis arrivé là de mes réflexions, et je le déplore.

Post-Scriptum

Merci de ne pas troller dans vos réponses, si jamais vous prenez le temps de commenter cet article.


Commentaires

    • 22 juillet 2004

    Stef,
    merci de ton article et merci d’avoir soulevé un point important, qui mérite d’être discuté.

    Que faire lorsque un format propriétaire est le seul format disponible pour le genre de données que je dois échanger ?

    Défendre les formats ouverts pour l’échange de données ne signifie pas encourager l’utilisateur à perdre le 80% de ses données .

    Si je travaille dans un domaine spécialisé pour lequel il existe un seul logiciel capable de produire et enregistrer mes données dans un format propriétaire, je n’aurai probablement pas intérêt à convertir mes données en texte brut avant de les envoyer à mes collègues.

    Il est avantageux de remplacer les formats propriétaire par des formats ouverts, *à parité de conditions*, ou alors si je suis prêt à renoncer à certains aspects non essentiels d’un format en faveur de la pérennité/interopérabilité de mes données.

    Ceci dit, deux considérations méritent d’être faites :

    1) Il y a un intérêt croissant, même pour des catégories très pointues d’utilisateurs, pour la migration vers des standards et formats ouverts. Les raisons ? Celles que nous signalons dans openformats.org : *interopérabilité*, avant tout, mais aussi *pérennité* des données.
    Un cas exemplaire est celui de l’évolution des formats de codification de données généalogiques (un monde dans lequel les formats à l’origine étaient des dizaines et complètement non-interopérables) vers un standard basé sur XML (http://xml.coverpages.org/ni2002-12-28-a.html).
    L’effort énorme de la part des différentes communautés d’utilisateurs et producteurs pour définir des formats à spécification ouverte pour les données les plus disparates est témoigné par ailleurs par des initiatives telles que : OASIS - http://www.oasis-open.org/

    ’Ceteris paribus’, les formats ouverts offrent des garanties qu’aucun format propriétaire ne saura donner.

    2) Défendre les formats ouverts signifie avant tout encourager l’utilisateur à faire un *usage critique* des formats et à chercher *le format le plus approprié* pour ses données. Ca m’est arrivé plusieurs fois de recevoir une image de la part d’un collègue en format MS Word (ne sachant comment la sauvegarder, le collègue l’avait simplement copiée-collée dans un fichier .doc !).
    Tu auras remarqué par ailleurs que dans openformats.org nous suggérons la possibilité de remplacer le format XLS par le format CSV seulement dans le cas de "volumineux tableaux de données *textuelles*". Bien évidemment, si l’utilisateur doit échanger des feuilles contenant des macros un fichier CSV ne représente pas une alternative viable.
    Mais encore une fois, il ne faut pas confondre l’usage *forcé* de formats propriétaires avec l’usage *inconscient et inessentiel* de formats propriétaires.
    Encourager l’utilisateur à envoyer ses mails en texte brut plutôt qu’en format MS Word (ou même en format HTML) ou à choisir le bon format pour ses images est une question d’hygiène électronique avant tout, dans l’intérêt de l’expéditeur aussi bien que de ses destinataires.

    http://www.openformats.org

    Répondre à Dario

  • Dam

    • 26 juillet 2004
    • en réponse à Dario

    Je pense que l’article mélange plusisuers chose. L’opposition format ouvert/fermé et fonction du format.

    Et un format proprietaire (non libre) peu etre ouvert (pdf, flash, mpeg ...),
    d’autre formats sont libre (swx, ogg, vorbis, mastroka ...) (donc forcemennt ouvert sourire

    Je vois trop souvent comme le signale Dario(? s t e f on ne vois plus les nom quand on poste) des documents echangés dans des formats apauvrissant finalement leur caracteristique parce que le format choisi n’est pas le plus approprié. Pour ton image un format psd aurrait très bien pu être choisit ( format proprietaire (ouvert ? pas trouvé de references) lisible avec Gimp par exemple, gimp qui a sont propre format ouvert de fichier de travail ). Meme chose pour el tableur le gros soucis c’est que le tableur le plus utilisé de la planette ignore ces formats ouverts ... (comme la plupart des gens du coup)

    C’est comme pour les protocoles le smtp qui sert de ftp ... c’est pas top, c’est lourd et ca sature les serveurs ... mais ca persiste.

    Répondre à Dam

    • 26 juillet 2004
    • en réponse à Dario

    Merci Dario pour tes précisions.

    Comme je le disais quand je t’ai contacté, "je ne veux surtout pas mêler ces réflexions avec votre travail pédagogique et nécessaire" (en référence au wiki de openformats.org).

    Malheureusement trop souvent on ne précise pas que les formats ouverts ne règlent pas tous les problèmes, d’où ma réaction. Je suis tout à fait d’accord avec ta réponse ("l’hygiène électronique").

    Répondre à Stéphane

    • 26 juillet 2004
    • en réponse à Dam

    Dam, tu ne dis que la même chose que moi : un format ouvert est utilisable et portable, pas un format fermé.

    Ton exemple de Photoshop, par exemple, pose des problèmes inévitables : Gimp sait lire les PSD mais perd une partie des informations de filtres de calques, en particulier dans les dernières versions de Photoshop (j’en ai fait les frais, tu penses bien que s’il ne tenait qu’à moi, on éviterait la phase TIF).

    on ne vois plus les nom quand on poste

    Ah oui tiens c’est vrai. Mmmh, c’est la faute à spip (décanche à deux balles du mec qui ne veut pas creuser le code en ce moment clin d'œil)

    Répondre à Stéphane

    • 3 août 2004

    Interessant comme article ! Pour mon cas je trouve ça chiant que mon appareil photo me sort des vidéos au format quicktime, je ne sais pas si on peu apeller ça un format proprietaire mais je suis dépendant de ce foutu programme...

    Répondre à mike

    • 3 août 2004
    • en réponse à mike

    Tiens salut M’sieur Adrenalyn.net sourire

    C’est tout à fait un format propriétaire, dans une case assez spécifique, puisque en vidéo pour le moment, je ne sais pas s’il existe des équivalents ouverts. MPEG, peut-être ?

    En tout cas, il y a sans doute des contrats juteux entre certains fabricants et certains producteurs de logiciels. Voir la polémique récente sur ipod et le dernier walkman de Sony, qui prend les formats ipod sans rien demander à personne.

    Répondre à Stéphane

  • Dam

    oui mpeg est un format ouvert mais sous le coup de brevets ... il existe des alternatives emergeante comme theora dans un conteneur ogg mais c’est assez rare en effet ...

    Répondre à Dam

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