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Faire illusion

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Un article de Stéphane

Publié le 4 septembre 2014

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2 commentaires

De l’apparence perçue comme un packaging nécessaire pour vivre en société.

Je lisais ces derniers jours La Ballade de Lila K de
Blandine Le Callet, et je me suis arrêté sur cette phrase :

Car c’était bien de ça qu’il s’agissait : faire illusion. Ce que j’étais au fond ne comptait pas vraiment, du moment qu’en surface, tout demeurait conforme.

Cela fait des décennies que je pense la même chose, et ça fait drôle de le lire dans la bouche d’un personnage inapte aux relations sociales, il faut bien le dire.

En tout cas il y a un vrai fond de vérité dans cette phrase. On passe une partie importante de son temps à faire semblant, à être conforme.

Encore une fois j’évoque Pierre Bourdieu et sa théorie selon laquelle on est une marchandise et que pour se mettre en valeur sur tel ou tel marché (l’amitié, le travail, etc.) il faut soigner le packaging. J’adhère assez à cette théorie, ce qui donne une résonance encore plus grande à la citation de Blandine Le Callet, je trouve.


Commentaires

    • 4 septembre 2014

    C’est tout à fait ça. Et si, par extraordinaire (!), on ne cherche pas à faire semblant, le monde est tout de suite moins réjouissant, dans le sens où l’autrui est beaucoup moins avenant. Le relationnel en pâtit forcément.

    On pourrait se demander si vivre sans jamais faire semblant est faisable.

    Répondre à Tomek

    • 5 septembre 2014

    Avoir moins « d’amis »
    Robinson sur son île.

    Une autre « technique sociale » aussi, plutôt que de faire semblant qui est présente dans mon entourage géographique du moment clin d'œil

    En France, on demande souvent aux individus d’être vrai, d’être porteur d’un idéal et de savoir le défendre. Il est difficile de refuser la discussion et donc pour combler cette violence d’avoir à paraître, il faut faire semblant. C’est une culture de l’affrontement.

    Dans une culture de l’ajustement (celle qui m’entoure en ce moment), l’important est de ne pas troubler l’harmonie. Ce n’est pas tant de rechercher la brillance de l’être individuel mais bien que le groupe existe. Ce qui est intéressant avec cette technique, c’est qu’elle éloigne très fortement la « peau de la société » de celle des convictions intimes et ainsi offre beaucoup d’espace intérieur pour exister sans avoir à paraître. Bien sûr cela créé d’autres drames : l’angoisse du vide intérieur, l’isolation si on interagit plus du tout, etc.

    Rien n’est parfait.

    Répondre à karl

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