nota-bene.org > Réflexions > Éducation, culture et TNI

Éducation, culture et TNI

À propos de cet article

Un article de Stéphane

Publié le 12 juin 2012

URL courte : http://nota-bene.org/901

3 commentaires

Mots-clés (tags)

Sur le numérique à l’école et sur le besoin de ne pas mettre la charrue avant les bœufs.

Je lisais dans Télérama n° 3255 (juin 2012) :

Les professeurs s’inquiètent en parallèle de la baisse du niveau d’orthographe (prouvée par les études). Un déclin continu depuis les années 50 (en 2005, le niveau en dictée des élèves de cinquième correspondait à celui des CM2 en 1987). Si le champ du savoir s’est étoffé, l’expression écrite bat de l’aile. Problème de compréhension du vocabulaire, copies décousues. Or comment acquérir une culture ou construire une pensée lorsqu’on ne maîtrise pas les fondamentaux de la langue ?

Ce matin, sous le titre « Outils numériques : l’école peut mieux faire », je lis dans RSLN Mag [1] :

Les outils numériques sont encore insuffisamment exploités à l’école : c’est l’avis rendu par le Conseil National du Numérique (CNN) début mars. Pour remédier à cette carence, le CNN propose de regrouper les responsabilités pédagogiques, dévolues pour l’instant aux académies, avec la gestion des moyens techniques, prérogative exclusive des collectivités locales.

C’est marrant tout ça. Moins de profs, plus de TNI (tableaux numériques interactifs, excusez du peu), et on pense qu’on va pouvoir mieux éduquer les enfants ?

Je connais une classe qui a un TNI. Principalement ça permet à un enfant de faire de la géométrie tandis que les autres regardent, au prof de ne pas écrire au tableau mais aux enfants de copier quand même ce qui est au tableau, au prof enfin de ne pas se tromper dans des multiplications à 5 chiffres.

Bref, dans l’ensemble, le TNI a le même usage qu’un tableau traditionnel. Je ne vois pas vraiment d’interactivité, elle reste à inventer ; mais ce n’est pas ce qui m’intéresse ici [2].

En revanche l’enseignement repose sur les humains, et les calculs à l’emporte-pièce faits par le gouvernement précédent n’étaient pas bons [3]. Faire une moyenne du nombre d’enseignants par élève est stérile, parce que tout dépend du contexte : je connais une école où tous les enfants qui rentrent au CP sont déjà en mesure de lire relativement bien, et une autre à 6 kilomètres où les élèves de CE2 donnent l’impression d’être grand débutants en tout.

La suppression des postes d’enseignants-soutien (je ne connais pas les noms exacts : Maître E. ?) est beaucoup plus critique pour les enfants de la seconde école que ceux de la première, où il n’y en avait pas, TNI ou pas TNI.

Peut-être aussi que je me trompe et que la maîtrise de la langue et des apprentissages fondamentaux est un combat d’arrière-garde, mais je ne crois pas.

(puisqu’on parle d’éducation, la lecture in extenso de We’re creating a culture of distraction s’impose. — lien trouvé via Delphine qui le tirait de chez Tristan)


Notes

[1L’entrefilet que je cite n’est pas en ligne, mais on notera l’excitation de RSLN dès qu’on parle de numérique à l’école...

[2Nous verrons ça dans dix ans quand les enseignants se seront approprié l’outil et auront trouvé de nouvelles choses à faire avec plutôt que de transposer leurs pratiques actuelles.

[3Ami francophone qui tombes sur ce site par hasard : j’écris de France, pardon des raccourcis de contexte.


Commentaires

    • 12 juin 2012

    Ton billet tombe peu après un article de « La vie moderne » où il est question d’innovation dans l’éducation...

    Mais bien entendu, quand on dit qu’il faut que les enfants sachent écrire le français, on passe pour un vieux réac’...

    Répondre à Pierre

    • 13 juin 2012
    • en réponse à Pierre

    Pierre : sauf que là, en l’occurrence, l’auteur du blog "la vie Moderne" est un VRAI réac clin d'œil
    Donc autant je suis d’accord avec Stéphane, autant les propos de cet enseignant me donnent de l’urticaire.

    La vérité est ailleurs...

    Répondre à PascaleLc

    • 15 juin 2012

    > Bref, dans l’ensemble, le TNI a le même usage qu’un tableau traditionnel. Je ne vois pas vraiment d’interactivité, elle reste à inventer (...)

    La disposition d’une classe, sa "mise en scène" est toujours la même. Le tableau a beau être numérique, il reste dans le même rôle. Quoiqu’il est peut-être possible désormais d’atteindre les élèves du fond si on peut grossir la typo comme sur un navigateur web sourire

    Répondre à Emmanuel

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides. Tous les liens sortants comporteront un attribut rel="nofollow". Merci de ne pas spammer.

Ceci est la version Bureau Afficher la version Mobile