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Breathtaker

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Un article de Stéphane

Publié le 26 octobre 1998

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Gare d’Austerlitz. Trois heures de l’après-midi. Je feuillette ce recueil aux couleurs mal imprimées, au trait pâteux, maladroit—expérimental ? Mais on ne résiste pas à Chase...

© Mark Wheatley - Marc HempelGare d’Austerlitz. Trois heures de l’après-midi. Je feuillette ce recueil aux couleurs mal imprimées, au trait pâteux, maladroit —expérimental ?

Je lis la préface de Neil Gaiman, qui s’extasie sur cette série, "quelque chose de profondément étrange et nouveau." Bon. Il y a pire. Lisons donc.

© Mark Wheatley - Marc HempelUne histoire de vampire ! Dès les premières pages, je pense avoir cerné le thème. Soit cette fille est une malade mentale qui s’imagine être une vampire alors qu’elle couche avec un vieillard (vampire symbolique, en quelque sorte, qui profiterait de la fortune dudit vieillard), soit cet homme avait à peine la cinquantaine, comme le dit la police, et elle souffre de prendre l’essence vitale de ceux qu’elle aime (ce qui nous change des vampires qui se vautrent dans leur vice).

La seule solution pour Chase (en anglais : la chasse), c’est de fuir ; fuir ceux qu’elle aime, fuir la police qui veut lui faire dire la vérité, ou, au moins, comprendre comment on peut vieillir de trente ans en douze petits mois.

Commence alors une histoire rocambolesque, qui mêle un super-héros bien réel (The Man, abrégé "TM", bien sûr), un projet à la X-Files de super-soldats, de Mata-Hari moderne, irrésistible et mortelle, toutes les anciennes amitiés de Chase qui veulent la protéger, la disculper des accusations portées contre elles, même si ces gens ont dans l’histoire perdu un être cher, qui un frère, qui un fils.

© Mark Wheatley - Marc HempelOn ne résiste pas à Chase, pas plus que Chase ne peut résister à son désir de vie, de sexe générateur de mort (raccourci saisissant de notre passage sur Terre ?).

On oublie les couleurs, on les excuse, on les absorbe. On oublie le dessin et les réticences qu’on avait à son égard (mieux, on l’apprécie pour ses qualités expressionnistes, typique de quelques trop rares comics des années 80). On oublie que c’est une bande dessinée (ou plutôt, on n’en a que trop conscience). On se laisse tirer en avant jusqu’à la conclusion. Pas plus qu’aucun personnage de cette histoire, on ne résiste à Chase.

Tiens, mon train est presque arrivé. Mais quelle heure est-il ?


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