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« 60 millions de sélectionneurs en chambre »

À propos de cet article

Un article de Stéphane

Publié le 10 septembre 2008

URL courte : http://nota-bene.org/275

4 commentaires

Le foot, on s’en moque. Quand donc saura-t-on donner la bonne proportion aux informations en diminuant le sport et en informant en profondeur nos concitoyens ?

Entendu sur France Inter : un journaliste parle de Raymond Domenech, l’entraîneur de l’équipe de France de football, et nous dit que bien que sur la sellette, il a fait de bonnes choses.

Le journaliste précise en introduction qu’il va « sans doute mécontenter 60 millions de sélectionneurs en chambre ».

Hé bien je suis désolé de vous l’apprendre, cher monsieur, mais une portion non négligeable des Français n’en a absolument rien à faire, du sport médiatisé. Je sais à peine qui est Raymond Domenech, je vous entends juste tous les jours déblatérer sur une aventure bien loin du monde réel.

Haro sur les figures de style qui veulent simplifier le monde !

Et pendant ce temps-là, les mêmes petites cinq minutes d’informations passent très vite sur Edvige et ses risques pour l’individu, et plus largement les questions de société que pose cet outil.

Je frémis [1] à l’idée de l’usage qu’auraient pu faire les nazis de la si bonne qualité d’agrégation d’informations dont nous disposons aujourd’hui.

Or ce n’est pas aux infos de 20 heures qu’on en parlera autrement qu’en survolant le sujet : vu du public moyen, celui qui justement attend les informations sportives, ce ne sera sans doute qu’un texte de loi de plus.

Les informations de fonds sur un sujet aussi important ne devraient pas se limiter à des débats sur France Inter à une heure où personne ne les écoute.

J’aime bien cette phrase dans Gladiator : La politique de Rome ne se fait pas dans le marbre de son Sénat mais dans le sable de son arène. (citation approximative) [2] Effectivement, hors du pain et des jeux, l’intérêt du spectateur s’étiole vite, nous dit-on.

Pour moi, c’est le devoir du service public de diffuser l’information importante et de savoir la prioriser pour éviter de gloser trois fois plus longtemps sur des micro-événements du monde sportif plutôt que de s’attarder sur des réflexions qui pourraient bien se révéler structurantes pour la démocratie et l’individu.

Je ne suis pas un « sélectionneur en chambre », point final.


Notes

[1Vous allez me dire que je fais l’agitateur d’épouvantails à moindre frais, mais j’assume.

[2Vous objecterez peut-être que c’est un divertissement ; j’en conviens. Mais ça n’empêche pas d’y trouver ce genre de perles (sans compter une intrigue shakespearienne qui place ce film bien au-dessus du classique film d’action).


Commentaires

    • 10 septembre 2008

    Oulala, il est colère !

    Pauvre chroniqueur de FI qui était sans doute si fier de sa formule ce matin. Moi aussi je m’en fout du foot, mais quand les chroniques sont bonnes je prends. Après il y a eu la chronique cinéma, et puis un petit topo sur sur Grand Collisionneur. A cette heure la le matin, je ne suis pas très regardante sur la profondeur clin d'œil

    Sur le fond 100% d’accord avec toi, notamment sur le contenu et la forme des JTs.

    tilly

    Répondre à tilly

    • 11 septembre 2008
    • en réponse à tilly

    Pour satisfaire le public moyen dont tu parles, c’est facile :

    * des jeux (22 mongoliens surpayés qui courent derrière un ballon ou 5 crétins qui tournent une roue en espérant empocher le jackpot)
    * du brossage dans le sens du poil sur le pouvoir d’achat (émissions débilisantes ou reportages télévisuels sur des gens qui sont encore plus dans la misère que soi)
    * des faits divers qui font bander les journalistes du Détective du Dimanche

    Oups ! j’ai dit des méchancetés. Mes excuses à tous les mongoliens.

    Répondre à Pierre

    • 11 septembre 2008

    Et encore, France Inter est peut-être une des radios périphériques où les journalistes/chroniqueurs semblent regarder un peu plus loin que le bout de leur nez...

    Moi je suis sûr qu’il y avait beaucoup de second degré là dedans sourire

    Répondre à phiji

    • 11 septembre 2008
    • en réponse à phiji

    Le pire c’est que justement je ne suis vraiment pas sûr qu’il y ait du second degré. Ça m’a rendu chagrin...

    Répondre à Stéphane

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